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17/06/2015 04:53 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Dans une usine abandonnée de Pékin, les fantômes d'un passé industriel révolu

La rouille et la poussière ont envahi l'immense carcasse de l'usine sidérurgique de Pékin, "Shougang", fermée en 2011 après près d'un siècle d'existence, vestige emblématique du passé industriel de la capitale chinoise qui pourrait revivre en hébergeant des galeries d'art ou des start-ups.

Il fut un temps où des dizaines de milliers d'ouvriers travaillaient sur ce vaste site, opéré par le géant sidérurgique étatique Shougang.

Établie en 1919, l'usine était devenue après 1949 sous Mao Tsé-toung une vitrine des réalisations industrielles de la jeune République populaire: c'était, disait-on, le plus important site sidérurgique du pays et le symbole du "prolétariat triomphant".

De cette histoire légendaire ne subsistent plus aujourd'hui que d'épais murs de béton sale, des poutrelles rongées entre lesquelles se jouent des rayons du soleil, et des monceaux de débris métalliques à même le sol.

En bas-relief sur un mur, la silhouette d'un dragon métallique --autrefois emblème orgueilleux du groupe Shougang-- a perdu de son éclat, recouverte d'une couche vert-de-gris.

On y retrouve ça et là des survivances de l'époque, avant les réformes des années 1980, où les groupes d'État prenaient en charge tous les aspects de la vie de leurs employés, "du berceau au tombeau".

Témoins de ces temps révolus, des petits dortoirs jouxtent encore les anciens ateliers, avec leurs lits métalliques réservés aux pauses des ouvriers.

La production avait décliné au fil des années et les activités du site avaient été déménagées peu à peu en-dehors de Pékin avant 2008, afin de garantir un ciel sans pollution pour les Jeux olympiques.

Aujourd'hui, les hautes cheminées peintes de rouge et blanc dominent encore le quartier alentour, dans une banlieue populaire de l'ouest de Pékin.

Des responsables municipaux assurent que le site sera bientôt réhabilité pour accueillir des galeries d'art, des start-ups et des jeunes firmes financières. Un projet qui évoque "798", un ancien complexe d'usines dans le nord-est de Pékin, devenu en une décennie un lieu majeur de l'art contemporain chinois.

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