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17/06/2015 07:32 EDT | Actualisé 17/06/2016 01:12 EDT

Copa America - Smedberg, le Suédois qui rêvait de marquer pour la Bolivie

Ses larmes ont coulé après la victoire de la Bolivie contre l'Equateur (3-2), lundi en Copa America. Né en Suède, Martin Smedberg-Dalence, qui n'avait jamais foulé le sol bolivien avant l'an dernier, venait d'exaucer son rêve.

"J'ai passé tout ma vie en Suède. J'ai joué en sélection nationale junior mais depuis que j'ai vu le Mondial-1994, où jouait la Bolivie, j'ai dit à mon père (bolivien): +Pourvu qu'un jour je puisse jouer avec eux+", raconte Smedberg à l'AFP.

Le milieu de terrain élancé de Göteborg, spécialiste des longues frappes, était encore à fleur de peau à la sortie du vestiaire du stade Elias Figueroa de Valparaiso, lundi.

Il venait de marquer un but et de prendre part à la victoire contre l'Equateur, lors de la deuxième journée du Groupe A de la Copa America 2015. Les Verts boliviens ont remportés seulement deux matches dans cette compétition au cours des 18 dernières années !

Avec son missile bien ajusté au ras du poteau, Smedberg ne s'est pas seulement imposé comme un élément-clé de ce succès mais a également marqué le 100e but de la Bolivie dans le tournoi continental.

"C'est un rêve de marquer mon premier but avec la sélection. Je suis un joueur et une personne sensible et quand j'ai marqué, je n'ai pas seulement pensé à moi. J'ai pensé à tous les gens qui vivent en Bolivie. Le but était aussi pour eux", poursuit-il.

Smedberg est né il y a 31 ans à Norrköping, une ville moderne de 90.000 habitants dans le sud de la Suède. Son père, Ramiro Dalence, un entraîneur de foot de la province andine de Oruro (sud de la Bolivie), avait dû s'exiler au début des années 80 pour fuir la dictature militaire. Marié avec une Suédoise, il a toujours inculqué la culture bolivienne à son fils.

- Sélection tardive -

"Avec mon père, nous parlons toujours en espagnol et nous respections aussi les traditions boliviennes. Je me suis toujours senti bolivien et je suis très heureux de faire partie de la sélection", raconte le joueur dans un espagnol plus que correct mais qu'il souhaite encore perfectionner.

"L'espagnol, je dois encore l'améliorer. Ici, j'y travaille tous les jours", confie-t-il dans un sourire.

Sa double nationalité imprègne jusqu'à son jeu, qu'il définit comme une combinaison de "style européen et bolivien".

Bien qu'il ne se soit jamais rendu, enfant, dans le pays de son père, Smedberg évoque ses amis boliviens en Suède, avec lesquels il souffrait des défaites accumulées par les Verts après les époques dorées du Mondial-1994 aux Etats-Unis et la deuxième place lors de la Copa America-1997, jouée à domicile.

Devenu joueur professionnel, il a mené une longue carrière en clubs, mais n'a jamais été convoqué en équipe de Suède.

La Bolivie ne s'est pas plus souvenu de lui jusqu'à l'arrivée l'an dernier du sélectionneur Mauricio Soria, qui a fait appel au milieu de terrain de 1,87 m.

"Pourquoi je n'ai pas été appelé plus tôt, il faut poser la question à la Fédération" bolivienne, répond-t-il, un peu amer.

"Aujourd'hui, les mentalités ont changé. Après toutes ces années où la sélection n'a rien obtenu, je crois qu'ils ont regardé un peu hors de la Bolivie, pour voir s'il y avait des joueurs avec du sang bolivien", ajoute le joueur.

Sa première convocation, en octobre 2014, a aussi donné lieu à son premier voyage en Bolivie, où vit sa grand-mère et d'autres membres de sa famille.

"C'était un rêve", mais "le plus important dans ma carrière c'est de jouer la Copa America et ce match (contre l'Equateur) a été le plus marquant de toute ma vie", insiste-t-il.

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