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15/06/2015 05:54 EDT

FrancoFolies 2015: Pour une dernière fois, Juliette Gréco (PHOTOS/VIDÉO)

Juliette Gréco - 14 juin 2015

Moment fort en émotion hier soir avec la grande Juliette Gréco. Extraits. #FrancosMTL

Posted by Les FrancoFolies de Montréal on 15 juin 2015

En spectacle à la Maison symphonique, dans le cadre des FrancoFolies, Juliette Gréco offrait ce soir ses touchants adieux à la métropole, ainsi qu’à ses nombreux fidèles et amoureux de la chanson française. Vêtue d’une élégante robe noire, la grande dame est apparue sur la scène quelques minutes avant 21h, devant des spectateurs déjà debout pour applaudir l’étendue de son œuvre.

C’est sur les airs de Bruxelles, de Jacques Brel, que la chanteuse âgée de 88 ans a lancé cette prestation empreinte d’émotions. Dès ses premières notes, un sourire s’affichait sur les lèvres de ses admirateurs, heureux de retrouver cette voix profonde, qui transmet la richesse de ses souvenirs. Interprétant chacun de ses titres et ceux de ses grands camarades de la chanson française des années 50-60 comme une courte pièce de théâtre, Juliette Gréco faisait voyager l’assistance dans la vieille Europe, au cœur de ces rues étroites marquées d’histoire et de culture. De Bruxelles à Amsterdam (Jacques Brel), la muse de Saint-Germain-des-Prés, dans toute la romance qu’on lui connaît, semblait elle-même, tout droit sortie d’une promenade sur le pont des Arts.

Accompagnée par son mari, le pianiste Gérard Jouannest et l’accordéoniste Jean-Louis Matinier, Juliette Gréco avait l’air en pleine possession de ses moyens. Les deux instruments suffisaient amplement à bercer le public sur les histoires poétiques que nous livrait l’artiste. Du Petit Poisson, où elle gagnait son cœur d’enfant, à l’Accordéon où on la voyait imiter du bout des doigts son musicien, on ne pouvait qu’être transporté.

Les Ferré, Gainsbourg, Brel

Avec les Jolie Môme, La Javanaise, Je suis un soir d’été, pour ne nommer que celles-là, elle permettait à la foule d’apprécier, non seulement la grandeur de son répertoire, mais celle d’une époque entière. La quasi-totalité des morceaux interprétés ce soir provenait de ses défunts amis qu’elle tient à garder en vie, encore et encore. Elle a d’ailleurs levé les yeux vers le ciel pour embrasser celui qui lui a écrit et composé La Javanaise, un soir d’été de 1962. Le début d’une éternelle amitié entre Gainsbourg et Gréco.

L’interprétation de Ne me quitte pas (Jacques Brel), musicalement différente de sa version originale, figure parmi les moments marquants de ce concert. Vouant un si grand respect et pour Brel et pour Gréco, le public a même retenu ses applaudissements en entendant les premières paroles de ce grand succès. Il n’était pas question d’empiéter sur les élans lyriques de la chanteuse.

Le temps qui passe

Assurément nostalgique de ces belles années, elle a aussi livré quelques morceaux portant sur le temps qui passe, la vieillesse et la mort. J’arrive, Avec le Temps, Le Tango Funèbre figuraient parmi la liste des 16 pièces offertes ce soir. «Les vieux ne meurent pas», chantait-elle à un moment. Et encore moins l’œuvre de cette icône de la chanson française, qui traversera les époques. Immortelle, cette Gréco.

Ovationnée durant de longues minutes aux bras de ses deux musiciens, l’artiste d’exception a terminé sa prestation de façon très émouvante, saluant plusieurs fois la foule et accueillant les bouquets de fleurs de ses plus grands adeptes. Elle a offert un court rappel, sur les airs du Temps des cerises, chanson de Jean-Baptiste Clément et Antoine Renard, puis elle a quitté la scène, adressant un dernier remerciement aux spectateurs à la limite des coulisses côté jardin.

À la fin de cette tournée intitulée Merci, Juliette Gréco délaissera la scène, après avoir passé les dernières 60 années de sa vie sous les projecteurs.

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