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15/06/2015 07:01 EDT | Actualisé 15/06/2015 07:01 EDT

Salon du Bourget 2015 : Airbus et Boeing misent sur les avions écolos (et des biocarburants à l'huile de friture)

OLIVER BERG via Getty Images
A Germanwings Airbus takes off from the Cologne-Bonn airport, western Germany, on March 30, 2015. Officials say that the co-pilot of a Germanwings A320 Airbus plane that crashed on March 24, 2015 in the French Alps locked the captain out of the cockpit of the Airbus jet and deliberately crashed Flight 4U 9525, bound for Duesseldorf from Barcelona. The plane is said to have crashed at a speed of 700 kilometres (430 miles) per hour, killing all 150 on board instantly. AFP PHOTO / DPA / OLIVER BERG +++ GERMANY OUT (Photo credit should read OLIVER BERG/AFP/Getty Images)

Poussée par les prix élevés du pétrole et contrainte par ses propres engagements en matière d'environnement, l'industrie aéronautique est lancée dans une course à l'innovation pour réduire la consommation des nouveaux avions de ligne, en attendant l'envol des biocarburants.

À en croire Boeing, l'avion "aussi efficace qu'une voiture électrique" est pour demain. L'avionneur américain assure que son 737 MAX, dont le premier vol est prévu l'an prochain, consommera entre 2,1 et 2,4 litres de carburant aux 100 kilomètres par passager, soit 20% de moins que les modèles "Next Generation" lancés à la fin des années 90.

Avant même d'avoir été démontré, l'argument de la performance énergétique a fait mouche sur le plan commercial: le futur moyen-courrier de Boeing, qui doit entrer en service en 2017, a déjà été commandé à plus de 2700 exemplaires.

L'A320neo de son rival européen Airbus, qui promet une consommation réduite de 15% par rapport à son prédécesseur, fait encore mieux avec près de 3800 ventes à quelques mois de sa première livraison. Le groupe européen tente de reproduire ce succès avec le long-courrier A330neo, lancé en juillet dernier.

De nouveaux designs conçus pour optimiser la consommation

Nouveaux moteurs, ailettes incurvées pour réduire la traînée, matériaux composites et équipements allégés...La recette est la même pour tous les constructeurs, y compris les outsiders. Le Brésilien Embraer, numéro 3 mondial du secteur, annonce une nouvelle gamme E-Jet E2 plus économe en carburant de 16% à 24% à partir de 2018, tandis que le CSeries de Bombardier sera exploité à partir de cette année, avec une consommation diminuée de 20%.

"Les trois quarts de notre R&D (recherche et développement) sont liés à l'amélioration de la performance écologique de nos produits", souligne Julie Felgar, responsable de la stratégie environnementale de la division aviation commerciale de Boeing.

À six mois de la 21e conférence des Nations Unies sur le climat (COP-21), qui se tiendra également au Bourget à Paris, le salon aéronautique servira de vitrine aux initiatives du secteur. La journée du jeudi 18 juin y sera consacrée, en présence des ministres de l'Environnement, Ségolène Royal, et des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Objectif: réduire de 50% les rejets de CO2 en 2050

"Nous pensons toujours aux moyens d'être plus efficaces", résume Paulo Cesar Silva, patron de la branche avions de ligne d'Embraer, qui rappelle que "l'industrie s'est engagée à réduire les émissions" de gaz à effet de serre.

Il reste cependant fort à faire pour atteindre l'objectif de réduction de 50% des rejets de dioxyde de carbone (CO2) en 2050 (par rapport à 2005) fixé par l'association internationale du transport aérien (IATA).

Une gageure, alors que le trafic aérien devrait plus que doubler en vingt ans, passant de 3,3 milliards de passagers en 2014 à 7,3 milliards en 2034 selon IATA. Les seuls efforts de l'industrie aéronautique ne suffiront donc pas à atteindre la cible.

Une partie de la solution viendra du contrôle aérien, avec de nouveaux outils techniques de gestion du trafic (projets NextGen aux Etats-Unis et Sesar en Europe) qui permettront de calculer des trajectoires de vol optimales en temps réel.

Huiles de friture ou de moutarde, l'avenir est aux biocarburants

L'utilisation de moteurs électriques en phase de roulage, ou "green taxing" est par ailleurs envisagée pour limiter l'utilisation des turboréacteurs. "Un vol parfait ferait économiser 30% de carburant, grâce à l'optimisation du temps passé dans les airs et au sol", affirme Marwan Lahoud, directeur de la stratégie d'Airbus Group.

Une marge d'amélioration conséquente, mais pour tenir ses engagements, l'aviation devra en outre se convertir massivement aux biocarburants. En quelques années, constructeurs et compagnies aériennes ont réussi à faire voler des avions avec des huiles de friture, de caméline ou de moutarde.

Fin 2014, Boeing annonçait son premier vol avec 15% de "diesel vert", produit à partir d'huiles végétales, d'huiles de cuisson usagées et de déchets de graisses animales. Air France exploite même depuis octobre un vol Toulouse-Orly par semaine avec 10% de farnesane, un dérivé de la canne à sucre développé par Total et Amyris.

Ces carburants alternatifs sont cependant relégués à un usage marginal, les matières premières étant destinées en priorité à l'agroalimentaire.

"Dès lors qu’on trouvera des filières qui ne sont pas en concurrence et qui deviennent compétitives, je pense qu’on y parviendra", prédit Fabrice Brégier, directeur exécutif d'Airbus. Sans se risquer toutefois à avancer une date.

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