DIVERTISSEMENT
13/06/2015 07:19 EDT | Actualisé 13/06/2015 07:20 EDT

U2 au Centre Bell: un air de rétrospective (PHOTOS)

Quatre ans après avoir électrisé l’Hippodrome de Montréal, devant plus de 160 000 fidèles, Bono et sa troupe étaient de retour vendredi soir pour le premier des quatre rendez-vous au Centre Bell. Si les adeptes de U2 se demandaient ce que leur formation fétiche pouvait bien leur réserver après la grandiose tournée 360° et sa scène tentaculaire, ceux-ci auront eu droit vendredi soir à une performance tout aussi démesurée où le pur rock faisait loi.

Haut-parleurs en suspension, écrans géants munis d’une passerelle, scènes permettant d’apprécier le spectacle peu importe son emplacement: U2, dans toute l’exubérance scénique qu’on lui connaît, n’a pas perdu un brin d’imagination pour faire vivre à ses fans une réelle immersion dans son univers. Bono, Adam, Larry et The Edge sont ainsi apparus sur cette immense plateforme formée d’un «E» (Experience) et d’un «I» (Innocence) vers 20h20, devant une foule de 20 000 personnes prêtes à s’époumoner sur leurs plus grands succès, mais aussi sur quelques morceaux du plus controversé Songs of Innocence.

L'article se poursuit après la galerie photos.

Galerie photo U2 au Centre Bell - 12 juin 2015 Voyez les images

C’est d’ailleurs avec un titre de ce plus récent effort, The Miracle (Of Joey Ramone), que le bal a été lancé. Unanimes sur leur veste de cuir, à l’exception du batteur Larry Mullen Jr. qui arborait la chemise à carreaux, les musiciens ont enchaîné les Vertigo et I Will Follow avant de s’adresser à l’assistance. «Bonsoir! Comment ça va?», a lancé le chanteur dans la langue de Molière. «It is la belle province, of course it is», renchérit-il pour courtiser un public, qui sans cliché, était conquis d’avance.

Retour dans les temps

Assurément nostalgique de ses débuts, Bono a tenu à justifier la première moitié du concert comme étant une portion d’innocence, où bien sûr, il a livré des morceaux du premier album de U2, mais aussi des chansons récentes évoquant ce regard vers le passé. Les fans ont pu entendre les Iris (Hold Me Close), dédiée à la mère du leader, et Cedarwood Road, évoquant sa jeunesse dans les quartiers nord de Dublin. Brillante utilisation ici des écrans géants qui agissaient comme une couche semi-transparente par-dessus la passerelle; on pouvait admirer la star marcher, comme si elle se baladait au cœur de sa ville natale. Clin d’œil absolument réussi!

Se sont ensuite succédées Song for Someone, une version plus légère de Sunday Bloody Sunday, Raised by Wolves et Until the End of the World. Évidemment, les enfants chéris de l’Irlande souhaitaient plonger les spectateurs dans les racines historiques de leur pays. Et surtout ne pas laisser certains événements sombrer dans l’oubli, rappelait Bono. Sunday Bloody Sunday a été composée en hommage au Bloody Sunday de Derry durant le conflit nord-irlandais de 1972, tandis que Raised by Wolves fait référence à une voiture piégée par des terroristes à Dublin qui a fait 33 morts en 1974.

Même le court entracte baignait dans le passé. La musique de Johnny Cash (The Wanderer) accompagnait une projection du mur de Berlin et de sa célèbre reproduction du baiser de l’amitié entre Léonid Brejnev et Erich Honecker.

Expérience et modernisme

Les deux pieds dans le présent, U2 a repris du service dans une seconde partie où s’accumulaient les effets visuels et l’utilisation d’outils technologiques. Bono a ainsi fait monter un admirateur costumé en boule disco humaine pour le faire danser et interagir au son de Mysterious Ways. Puis, le célèbre chanteur lui a remis une caméra magique avec laquelle il filmait les quatre musiciens en action durant Elevation. Rien de trop simpliste, la captation était retransmise en direct sur les écrans géants du Centre Bell et sur Meerkat, l’application permettant de créer du contenu diffusé en direct (live stream).

L’enchaînement musical composé de Bullet the Blue Sky, Pride (In the Name of Love), Beautiful Day et With or Without You a complètement enflammé la foule. C’est dans ce segment que l’on a pu apercevoir la plus grande quantité de fans se mouvoir. Si l’on ne pouvait rien reprocher techniquement à la prestation de U2, ce que le groupe a offert vendredi soir était nettement moins sautillant et dynamique que dans ses tournées antérieures.

Projetés vers le futur

On se doutait bien que la note finale de la formation se voudrait une réflexion vers le futur. Les quatre acolytes ont offert à la toute fin de leur rappel la pièce I Still Haven’t Find What I’m Looking For, Bono s’exprimant quelques secondes plus tôt sur son envie d’un monde meilleur, de liberté, d’égalité et de fraternité. Après avoir atteint les plus hauts sommets musicaux, ces rockeurs n’ont peut-être plus rien d’autre à espérer que la paix dans le monde…

U2 offrira trois autres spectacles dans la métropole ce samedi, puis mardi et mercredi. La métropole montréalaise peut se compter chanceuse d’accueillir le groupe pour quatre soirs, une faveur qui est habituellement réservée qu’aux grandes villes comme New York, Londres ou Paris.