POLITIQUE
13/06/2015 11:36 EDT | Actualisé 14/06/2015 08:20 EDT

Québec veut retarder l'âge de la retraite et le versement des rentes (VIDÉO)

MONTRÉAL - Les Québécois devront se résigner à reporter indéfiniment leurs projets de retraite.

Ce sera là une contribution supplémentaire qui leur sera demandée pour assurer la santé des finances publiques.

Le gouvernement Couillard prépare le terrain pour que les travailleurs reportent leur départ à la retraite, dans le but de retarder le moment où il devra leur verser le premier chèque de la Régie des rentes.

C'est ce qu'a confirmé samedi le ministre des Finances, Carlos Leitao, en point de presse, alors que débutait le congrès des membres du Parti libéral du Québec (PLQ), qui se tient tout le week-end au Palais des congrès de Montréal.

"C'est inévitable", a-t-il soutenu, en ajoutant qu'il fallait revoir "les méthodes de financement" des caisses de retraite, en tenant compte du vieillissement accéléré de la population.

Les militants devront se prononcer sur une résolution proclamant la nécessité d'augmenter graduellement l'âge à partir duquel il sera permis de recevoir les prestations de la Régie des rentes, actuellement fixé à 60 ans.

Le parti voudrait que Québec ajuste désormais l'âge choisi en fonction de l'espérance de vie.

Une personne qui prend sa retraite à 60 ans peut avoir une vie active pendant encore 25 ans, a noté le ministre, en disant que le gouvernement n'avait pas le choix de s'ajuster pour assurer la pérennité du régime.

Autour du thème de l'équité intergénérationnelle, le PLQ veut aussi endosser l'idée d'éliminer les incitatifs fiscaux favorisant la retraite hâtive et, au contraire, encourager le gouvernement à multiplier les incitatifs fiscaux destinés à reporter la décision de prendre la retraite.

En clair, cela signifie que ceux qui choisiront, malgré les politiques gouvernementales, de prendre leur retraite entre 60 et 65 ans devront accepter de subir des pénalités de plus en plus importantes. On cherche à éviter que les "jeunes" retaités vident la caisse.

De toute façon, quoi qu'en dise le parti, le lit du gouvernement semble fait sur cette question. Dans le dernier budget du ministre Leitao, ce type de mesures apparaissait déjà, et il a dit samedi que le gouvernement irait encore plus loin en ce sens dans les années à venir.

Québec estime ne pas avoir le choix de tenir compte des changements de la pyramide des âges, qui entraînent une diminution graduelle de la population active.

"Il faut qu'on soit imaginatif, qu'on trouve des moyens d'augmenter la participation au marché du travail des personnes de 60 ans et plus", a indiqué M. Leitao.

Un militant de Rimouski, Gaston Lévesque, a exprimé ses réserves, disant craindre de voir le parti et le gouvernement se montrer insensibles au fait que les sexagénaires pouvaient se voir forcés de continuer à travailler malgré une santé fragile.

"C'est pas parce que le monde vit plus vieux qu'il vit nécessairement plus en santé. J'ai pris ma retraite à 59 ans et je suis malade depuis ce temps-là. J'aurais pas pu "toffer" jusqu'à 67 ans" au travail, a-t-il fait valoir.

Déjà, en décembre, le gouvernement avait donné le ton en présentant ses offres aux employés de l'État, en vue de faire passer l'âge de leur retraite de 60 à 62 ans, en calculant leur retraite sur la moyenne des huit meilleures années, plutôt que cinq, comme c'est le cas actuellement.

Dans son allocution devant les militants de son parti, le premier ministre Philippe Couillard a rappelé que personne ne pouvait prétendre que l'engagement à redresser les finances publiques était "une tâche facile".

Le PLQ attendait durant le week-end entre 1500 et 2000 membres de toutes les régions au Palais des congrès, où on avait prévu des mesures de sécurité très serrées.

L'ex-député de Verdun, le septuagénaire Henri-François Gautrin, a approuvé l'idée de hausser l'âge de la retraite, mais il a jugé que le gouvernement faisait fausse route sur la neutralité de l'État. Québec aurait dû, selon lui, "s'inspirer" davantage du rapport Bouchard-Taylor, qui préconisait l'interdiction des signes religieux pour les employés de l'État ayant un pouvoir contraignant, comme les policiers et les juges.

Il a reconnu que le gouvernement avait de la difficulté à faire passer son message en matière de neutralité religieuse de l'État.

La société québécoise étant vieillissante, les libéraux veulent aussi que le gouvernement réfléchisse à l'avenir du régime d'assurance-maladie, surtout à revoir éventuellement son financement.

Le 32e congrès du PLQ survient alors que le parti est en position plus que favorable pour faire adopter ses positions: il forme un gouvernement majoritaire qui est en début de mandat, il vient de remporter deux élections complémentaires et trône au sommet des sondages. Le contexte pourrait inciter le gouvernement à adopter des mesures risquant d'être moins populaires.

Dans son discours, M. Couillard a fait l'éloge de "notre pays, le Canada" un des pays au monde "les plus admirés, les plus enviés".

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