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13/06/2015 08:47 EDT | Actualisé 13/06/2015 08:47 EDT

Michael Sabia vante la Caisse aux Américains

IAN BARRETT/AP
BCE Inc. CEO Michael Sabia speaks to reporters after the company's annual meeting in Montreal on Wednesday, June 6, 2007. (AP Photo/CP, Ian Barrett)

Le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, s'est lancé, samedi, dans une entreprise de séduction en faisant miroiter l'épargne des Québécois à des chefs de gouvernement américains en vue de financer et gérer leurs grands chantiers.

La Caisse a en effet profité d'une tribune inespérée pour mousser ses outils. M. Sabia s'est adressé à un parterre de gouverneurs d'État lors du sommet de la Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent, qui se tient à Québec en fin de semaine.

La CDPQ oeuvre dans le financement et la gestion de grands projets d'infrastructures, mais aussi dans leur exploitation, en vue de le faire fructifier avec des rendements stables à long terme. L'Assemblée nationale a d'ailleurs adopté cette semaine la nouvelle loi qui officialise l'entrée en scène de la Caisse dans ce domaine au Québec.

Au cours d'un exposé exhaustif de plus de 30 minutes, M. Sabia a présenté les faits saillants du modèle de financement de la Caisse, plus avantageux qu'un partenariat public-privé traditionnel, selon lui.

Il a qualifié la Caisse de «cercle vertueux», puisque l'investisseur public, propriété des épargnants québécois, finance des infrastructures au Québec, améliorant ainsi la productivité dans la province et les conditions de vie de la population - qui en retire de surcroît un bénéfice dans son régime de retraite.

Il a rappelé que les États-Unis auront besoin d'au moins 10 billions de dollars en investissements dans le domaine des infrastructures dans les prochaines années, mais les gouvernements pourront à peine en financer la moitié, tandis que l'assiette fiscale est sollicitée au maximum.

Des sources innovatrices de capitaux s'imposent donc, a fait valoir M. Sabia.

Il a refusé de s'adresser aux médias après son discours, mais le premier vice-président de la CDPQ, Christian Dubé, a confirmé qu'il s'agissait d'une occasion unique de faire la promotion des nouvelles activités de la Caisse aux États-Unis.

«On en a fait beaucoup dans le monde (de projets), mais la chance qu'on a, c'est d'en faire beaucoup plus aux États-Unis avec ce nouveau modèle», a-t-il dit dans un point de presse.

Le premier ministre Philippe Couillard abonde dans le même sens. Selon lui, il s'agit d'une chance inespérée de percer dans de nouveaux marchés.

«Ce modèle est innovant, il y a beaucoup d'intérêt au Canada et ailleurs dans le monde, a-t-il déclaré dans un point de presse à la fin de la journée. C'est un partenariat public-public. Les profits vont rester dans le régime de retraite des Québécois.»

De plus, le modèle de la Caisse a l'avantage de ne pas alourdir la dette des gouvernements, a fait valoir le premier ministre.

M. Dubé a pour sa part rappelé que la Caisse a tiré parti de l'intérêt qu'a manifesté Washington envers les nouvelles activités de la CDPQ. Les autorités fédérales ont en effet rencontré des représentants de la Caisse.

Cela a donné une «caution» à l'entrée en scène de l'institution dans le financement des infrastructures, a fait remarquer le vice-président. Ainsi, les gouvernements des États américains, qui ont aussi besoin du financement de Washington dans leurs projets, peuvent solliciter sans crainte la CDPQ.

La Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent est un forum qui vise notamment à protéger la plus grande source d'eau douce au monde et à améliorer les échanges économiques.

Cette organisation regroupe huit États américains, en plus de l'Ontario et du Québec.

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