POLITIQUE
09/06/2015 04:49 EDT | Actualisé 10/06/2015 12:59 EDT

Le sénateur Boisvenu reconnaît «une erreur» dans le rapport du VG

CP

OTTAWA _ Le sénateur québécois Pierre-Hugues Boisvenu reconnaît qu'il a commis "une erreur" en réclamant des frais de déplacement liés à la maladie et au décès de sa mère.

"À six occasions en 2012, en raison de la maladie et du décès de ma mère, mes déplacements étaient entre Ottawa et Saint-Jérôme. J'ai changé ma destination au dernier moment et ai omis d'en aviser mon personnel", écrit-il dans le rapport du Bureau du vérificateur général (BVG).

"Un déplacement n'aurait pas dû être réclamé. C'est une erreur de ma part et je suis disposé à rembourser la différence, comme je l'ai indiqué au BVG il y a plusieurs mois", poursuit le sénateur Boisvenu dans ce droit de réplique.

Celui qui était l'un des champions de la loi et l'ordre du premier ministre Stephen Harper a vu son dossier transféré à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans la foulée de l'enquête du bureau de Michael Ferguson.

On lui reproche aussi d'avoir demandé des remboursements inadmissibles pour les activités liées à son travail de conscientisation sur les droits des victimes.

"Avant sa nomination, le sénateur donnait des conférences et offrait des commentaires dans le cadre d'émissions radiophoniques pour un organisme dont il était membre fondateur et président", peut-on lire dans le très attendu rapport déposé mardi.

"Après sa nomination, le sénateur a continué de s'occuper de ces activités. Il a obtenu le remboursement des frais de déplacement ainsi que des indemnités quotidiennes pour ces activités", poursuit-on dans le document.

"Compte tenu de l'information contradictoire et du fait que le sénateur s'occupait d'activités personnelles, (...) nous n'avons pas été en mesure de déterminer si les dépenses réclamées étaient liées à des activités parlementaires."

Le sénateur Boisvenu estime pour sa part que ce travail de promotion des droits des victimes fait "partie intégrante" de son travail, et qu'il est "impensable" de croire que cela pouvait être accompli exclusivement à partir d'Ottawa.

"Les conférences et émissions auxquelles j'ai participé dans le cadre de mon travail de défenseur des droits des victimes étaient toutes des activités parlementaires", écrit-il dans le rapport de quelque 130 pages.

Le sénateur était aussi appelé à justifier des factures présentées pour des envois postaux de son livre ou des déplacements effectués pour faire la promotion de celui-ci.

Il plaide, dans le document, qu'il ne reçoit aucune rémunération ni pour ses conférences, ni "pour la vente de livres qui peut avoir lieu sur place".

Après avoir été informé que son dossier serait confié à la GRC, M. Boisvenu a annoncé jeudi soir dernier qu'il quittait le caucus conservateur et siégerait dorénavant comme indépendant.

Il disait avoir l'intention de s'expliquer "plus en détails au cours des prochains jours".

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