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09/06/2015 06:41 EDT | Actualisé 09/06/2015 06:41 EDT

Fausse plainte pour agression sexuelle : Carole Thomas est accusée

Radio-Caanda.ca

Son histoire avait fait des remous et plongé le Service de police de Longueuil dans l'embarras en février dernier. Carole Thomas soutenait avoir été agressée sexuellement par un inconnu en octobre 2014 à Longueuil, deux jours avant que la jeune Jenique Dalcourt soit assassinée dans le secteur.

Un texte de Isabelle Richer

Aujourd'hui, le ministère public a autorisé le dépôt de quatre accusations contre Carole Thomas, qui aurait inventé toute cette histoire.

Carole Thomas avait porté plainte à la police le 21 octobre 2014, au lendemain de cette agression présumée. Elle avait raconté aux enquêteurs avoir été enlevée par un homme qui l'aurait violée sur la banquette arrière de sa voiture avant de la jeter hors du véhicule. Conduite à l'hôpital, un examen médical a établi que la femme de 47 ans présentait des blessures. Elle s'est soumise aux tests requis, puis a rempli les documents réglementaires pout obtenir une indemnisation de l'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) à titre de victime d'agression sexuelle.

Quatre mois plus tard, en février 2015, Carole Thomas a contacté le Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, pour dénoncer l'inaction des enquêteurs dans son dossier.

Les policiers doutaient de sa version, mais plutôt que de la confronter aux incohérences de sa déclaration, ils ont laissé traîner l'affaire, négligeant même, pendant des mois, de faire parvenir la trousse médico-légale au Laboratoire des sciences judiciaires à des fins d'analyse.

Carole Thomas a été arrêtée et interrogée en avril dernier. Au terme de cet interrogatoire, elle avait été relâchée. Des accusations de méfait pour avoir fait commencer une enquête, de fabrication et d'usage de faux documents ainsi que de fraude à l'endroit de l'IVAC ont été déposées contre la dame.

Elle comparaîtra au palais de justice de Longueuil le 7 juillet prochain.

Malgré la tournure des événements, le Service de police de Longueuil a tout de même dû faire un examen de conscience et même davantage, puisqu'une enquête interne a été déclenchée après les révélations du traitement de la plainte.

Un enquêteur du ministère de la Sécurité publique s'est aussi penché sur le dossier et a remis son rapport et ses recommandations en avril dernier. Ce rapport est demeuré confidentiel.