Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Mitsubishi Outlander 2016: certaines qualités très spécifiques (ESSAI/PHOTOS)

San Francisco - Il est particulièrement difficile pour un véhicule utilitaire sport de se démarquer au Canada. La raison principale est simplement que le segment est bourré de modèles de qualité, bien établis et affichant des personnalités propres en mesure de combler les besoins d’à peu près tous les acheteurs.

Vous voulez un VUS compact affichant un comportement dynamique? Il y a le Mazda CX-5, le Subaru Forester et le Ford Escape. Vous désirez avant tout un véhicule confortable? Le Honda CR-V, le Nissan Rogue et le Toyota RAV4 seront en mesure de vous plaire. Quelque chose capable de s’aventurer très loin des sentiers battus? Le Jeep Cherokee est là. Pire encore pour les autres modèles du segment, chacun des véhicules énumérés précédemment est équilibré de sorte que le confort ne vient pas au détriment du comportement routier et des performances, ou vice-versa.

Quelle place pourra donc prendre le Mitsubishi Outlander 2016 dans tout cela, lui qui est déjà loin d’être aussi populaire que ses rivaux principaux?

Si l’on descend la liste des caractéristiques du Outlander, l’on remarque certaines exclusivités qui pourraient l’aider à se démarquer. Derrière le volant, cependant, il n’impressionne pas. Il ne déçoit pas non plus remarquez, mais je me demande s’il détient la recette qui lui permettra de devenir un meneur dans son segment, voire même un joueur important.

La route sera longue. Il s’est vendu 10 fois moins d’Outlander que de Ford Escape l’an dernier. En réalité, le VUS compact de Mitsubishi a été le moins populaire de son segment en 2014 devancé même par des modèles complètement dépassés comme les Jeep Patriot et Compass. Pourtant, l’Outlander avait été redessiné pour l’année-modèle 2014 et retouché quelque peu en 2015. L’effet de nouveauté aurait dû aider sa cause quelque peu, mais ce n’est pas arrivé.

Pour 2016, nous avons encore droit à des changements. Il y a plus de 100 modifications au curriculum vitae du Outlander cette année. Les plus remarquables se retrouvent au niveau visuel et les plus nombreuses sont au niveau du raffinement.

Selon le constructeur, il est plus silencieux et confortable, tout en étant plus amusant sur une route sinueuse grâce à une suspension redessinée. De plus, il est plus économique. Il offre un habitacle élaboré avec des matériaux de meilleure qualité et une toute nouvelle boîte de transmission automatique à variation continue pour distribuer la puissance du moteur quatre-cylindres. Tout ce que je viens d’énumérer est vrai. Personne ne pourra accuser Mitsubishi de ne pas avoir fait d'efforts.

Mais nous avons beau mettre tous les légumes qui existent dans notre potage, ce sera fade si nous n’ajoutons pas un peu de sel.

Bruit, vibration, rudesse

En élaborant l’édition 2016 du Mitsubishi Outlander, le constructeur japonais a cherché à réduire trois éléments en particulier : le bruit, les vibrations et la rudesse. L’objectif était de rendre le VUS compact plus agréable et confortable. Les ingénieurs ont donc ajouté des matériaux isolants dans les ailes à l’avant ainsi qu’un peu partout autour des portières.

L’épaisseur des jantes a été augmentée afin de réduire les vibrations et les bruits de roulement tandis que le pare-brise est doté d’une couche intermédiaire modifiée afin d’améliorer encore plus le silence de roulement. Un isolant a été intégré au plancher afin de diminuer le bruit provenant du système d’échappement. En tout, 31 ajustements à divers endroits viennent raffiner le comportement du Outlander.

Pour nous prouver à quel point c’était le jour et la nuit avec l’édition de l’an dernier, Mitsubishi a insisté pour que nous prenions le volant d’un modèle 2015. Bon, je dois avouer que la différence ne saute pas aux yeux ou, dans ce cas-ci, aux oreilles, mais il y a bel et bien une amélioration. Oui, l’Outlander est plus confortable et silencieux que le modèle qu’il remplace. Est-ce qu’il dépasse le CR-V, le VUS compact le plus confortable du segment selon moi? Non, mais il est en mesure de rivaliser.

Le tableau de bord du 2016 est quasi identique au modèle 2015, mais il fait définitivement appel à des matériaux de meilleure qualité. Le volant a également été entièrement remplacé et est beaucoup plus élégant tandis que le système d’infodivertissement a été repensé avec un écran tactile plus élégant et des menus plus agréables à regarder et à utiliser.

L’empattement demeure le même. L’espace intérieur demeure donc inchangé. Cela dit, il est désormais plus facile de rabaisser la banquette afin d’augmenter le volume de chargement. Ce dernier se situe à 968 litres dans l’Outlander 2015, soit la moyenne pour le segment. L’édition 2016 devrait offrir à peu près le même volume.

Parlant de banquettes, je m’en voudrais de passer sous silence l’un des quelques éléments qui permettent au Outlander de se différencier : la possibilité d’ajouter une troisième rangée de sièges à l’arrière. Avec le Nissan Rogue et le Dodge Journey, le Mitsubishi Outlander est le seul à offrir l’option d’accueillir deux passagers supplémentaires à l’arrière. Avouons que vous ne voudrez pas faire la route Montréal-Miami à cet endroit. Après tout, le Outlander est un VUS compact, mais les sièges peuvent dépanner.

Un moteur V6

Alors que la majorité de ses compétiteurs délaissent le moteur V6 sous prétexte que les consommateurs préfèrent les motorisations quatre-cylindres, Mitsubishi continue d’offrir un moteur à six cylindres dans son Outlander. D’une puissance de 224 chevaux (trois de moins que le V6 du modèle 2015), le moteur V6 de 3,0 litres est jumelé à une boîte de transmission automatique à six rapports et au rouage intégral.

Ce dernier est particulièrement intéressant puisqu’il offre plusieurs modes de fonctionnement au conducteur. Le mode 4WD Eco est le plus économique. Il envoie la puissance du moteur aux roues avant lorsque la route est dégagée afin de réduire la consommation de carburant. Il est aussi en mesure de redistribuer le couple vers l’essieu arrière automatiquement lorsqu’une perte de contrôle est détectée. Pour sa part, le mode 4WD Lock permet d'affronter des conditions routières encore plus difficiles comme un sentier hors route.

Il s’agit du même système que l’on retrouve dans la Lancer et le RVR. Il faut féliciter Mitsubishi d’offrir un système qui permet ces ajustements. Ce ne sont pas tous ses compétiteurs qui le font.

Il faudra débourser 27 998 $ pour un Outlander 2016 à traction intégrale tandis que le prix de départ est fixé à 25 998 $. Il faut savoir que pour ces montants, vous n’obtenez pas le moteur V6, mais bien un quatre-cylindres de 2,4 litres développant 166 chevaux. Ce dernier est jumelé à une nouvelle génération de boîte de transmission automatique à variation continue baptisée CVT8. Selon Mitsubishi, cette boîte a été optimisée afin d’améliorer les performances, mais en réalité l’Outlander ainsi équipé n’a absolument rien de sportif.

Les accélérations sont pénibles. Même en écrasant l’accélérateur, on ne ressent aucune poussée, comme si rien ne se passait. Il faut compter environ 10 secondes pour atteindre 100 km/h et il est surtout important de se souvenir de vérifier l’espace que nous avons pour entrer sur l’autoroute ou changer de voie. En effet, le quatre-cylindres n’a pas la puissance nécessaire pour corriger nos erreurs de jugement.

Avec le V6, par contre, c’est un peu mieux. Sans être nécessairement explosif, ce moteur est plus rassurant alors qu’il réagit avec plus de vigueur que le quatre-cylindres. De plus, il permet de remorquer jusqu’à 3 500 livres. Du moins, c'est le cas du modèle 2015. Il s’agit d’un élément important puisque la plupart des VUS compacts à moteur quatre-cylindres ne peuvent faire mieux que 1 500 livres. Il faut s’attendre à dépenser plus de 30 000 $ pour un modèle propulsé par le moteur six-cylindres et la traction intégrale sera de série.

Du côté de la consommation, le V6 affiche une économie raisonnable de 10,1 litres aux 100 kilomètres en moyenne, selon le constructeur. Du côté du quatre-cylindres, il faut s’attendre à 8,6 litres aux 100 kilomètres en moyenne en version traction et 9,1 litres aux 100 kilomètres en version traction intégrale.

Mentionnons aussi au passage, comme Mitsubishi l’a fait lors de sa présentation, qu’une version hybride du Outlander 2016 est en route. Cela dit, il y a très peu d’informations concernant ce modèle alors il faudra attendre encore un peu.

Conclusion

Je n’ai pas parlé du nouveau style du Mitsubishi Outlander 2016. Personnellement, je crois que Mitsubishi empire le design chaque année depuis 2014. Cela dit, certains le trouveront probablement très beau et c’est très bien. Il faut souligner que ces refontes annuelles sont des symptômes d’une crise identitaire aiguë.

Mitsubishi a vanté à profusion les améliorations par rapport au modèle 2015, mais ce dernier, je me répète, était le moins populaire de son segment. Si l’on veut vraiment faire des progrès, il faut se comparer aux meilleurs, pas chercher à devancer les pires.

Donc, pour le moment, je recommande l’Outlander 2016 à ceux et celles qui veulent remorquer de lourdes charges ou qui veulent absolument un moteur V6. Pour les autres, il mérite au moins un essai routier, mais je crois que le concessionnaire devra aiguiser son crayon pour vous convaincre.

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.