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Infiniti Q50 2015 : une personnalité à retrouver (ESSAI/PHOTOS)

J’ai eu l’occasion de conduire la nouvelle Infiniti Q50 à plusieurs reprises depuis son dévoilement l’an dernier. Chaque fois, j’ai eu l’impression de me retrouver dans une bonne voiture qui offre des performances impressionnantes pour le prix et un habitacle moderne qui fera le bonheur des mordus de technologie, mais je dois avouer avoir trouvé qu’il manquait un petit quelque chose.

C’est difficile à expliquer. Personnellement, j’adore l’ancienne G37 et la G35 qui est venue avant les deux modèles ayant précédé la Q50. Ils avaient une certaine personnalité que l’on ne retrouvait pas dans les modèles allemands à l’époque. Un habitacle beaucoup plus joyeux que ce que pouvait nous offrir une BMW Série 3 ou une Mercedes-Benz Classe C jumelé à des performances que seules les versions haut de gamme des berlines allemandes pouvaient égaler, le tout offert à un prix raisonnable. Ces caractéristiques donnaient aux G35 et G37 des arguments de vente solides.

Depuis, la Mercedes-Benz Classe C a été entièrement redessinée et la Série 3 s’est également améliorée. On ne peut pas non plus oublier la nouvelle IS de Lexus, un modèle beaucoup plus sportif et réussi que sa génération précédente. Infiniti se devait donc de suivre le pas en dévoilant une toute nouvelle berline.

Désormais appelée Q50, la voiture est beaucoup plus belle selon l’opinion d’à peu près tout le monde et l’habitacle est encore plus agréable au quotidien, mais au risque de me répéter, elle a perdu quelque chose au moment de la refonte. Mais quoi exactement?

Les performances sont toujours là

Débutons avec les détails techniques. L’Infiniti Q50 2015 est propulsée par un moteur V6 de 3,7 litres développant 328 chevaux et un couple de 269 lb-pi. Comme toujours, les performances de la berline d’Infiniti impressionnent. Dès que l’on désire accélérer avec vigueur ou dépasser rapidement, la voiture bondit vers l’avant sans effort. Certains diront que la puissance d’un véhicule est sans importance compte tenu de nos limites de vitesse restrictives. L’argument est valide. Toutefois, il n'en demeure pas moins qu’un moteur puissant permettant d’accélérer sans hésitation ou tout simplement de réagir rapidement aux demandes du conducteur agrémente la conduite et la sensation de sécurité au volant.

La Q50, en raison de son moteur vif, donne au conducteur cette confiance. De plus, il faut se rappeler la quantité impressionnante de modes de conduite et d’ajustements possibles pour modifier considérablement le comportement de la Q50. Ces modes permettent d’ajuster la direction, la réactivité du moteur et la façon dont la transmission change les rapports en fonction des conditions routières et du type de conduite que l’on désire adopter. Il y a aussi un mode baptisé Personal qui permet de personnaliser chaque élément de la conduite.

Pour en revenir à la direction, il est important de mentionner que nous avons affaire ici à une élaboration unique pour communiquer vos désirs aux roues. Elle est entièrement électronique, ce qui lui permet entre autres de filtrer les imperfections de la route qui occasionneraient des vibrations et des mouvements dans le volant. En d’autres termes, le volant ne bouge pas sous vos mains vers la gauche et la droite, même sur une route cahoteuse.

Il est également possible d’ajuster les paramètres pour obtenir une direction plus légère, un confort accentué ou une direction plus lourde offrant de meilleures performances.

Tout cela signifie que notre Q50, ultimement, se comportera comme on le souhaite. Si nous préférons le confort, il suffit de passer quelques minutes à jouer avec les paramètres de diverses composantes pour créer un comportement plus douillet. Inversement, si l’on veut s’amuser au maximum, on ajuste le tout en conséquence et le tour est joué.

Plus sportive que confortable, plus technologique qu’ergonomique

Cela dit, l’Infiniti Q50 n’est jamais réellement un exemple de confort. Un peu brusque sur une chaussée en piètre état, l’habitacle est également un peu étriqué faisant en sorte qu'on se sent toujours un peu à l’étroit. Les sièges sont confortables et tiennent bien en place. Sur une route parfaitement lisse comme celles que l’on retrouve à plusieurs endroits chez nos voisins du Sud, il n’y aurait rien à redire à propos du confort. Sur les routes post-apocalyptiques du Québec, cependant, c’est une autre histoire. Il aurait fallu un autre mode.

Évidemment, tout cela est en comparaison avec des modèles comme l’Audi A4, la Volvo S60 ou la Mercedes-Benz Classe C. La Q50 est équivalente en matière de souplesse sur la route à la Lexus IS et la BMW Série 3.

L’Infiniti se distingue au niveau du design intérieur. Premièrement, c’est très beau. Deuxièmement, il faut s’attendre à consacrer beaucoup de temps à la compréhension des diverses fonctions. Voilà d’ailleurs une similitude propre à tous les modèles Infiniti. C’est élégant, moderne et les matériaux sont de bonne qualité. Vos passagers seront impressionnés, et vous, vous ne serez jamais certain d’avoir bien saisi l’entièreté de la chose. Évidemment, si la voiture vous appartient, vous finirez par comprendre l’ergonomie de l’ensemble et les différents menus présents à l’intérieur de l’un des deux écrans tactiles.

Mentionnons également au passage que, malgré sa taille imposante, la Q50 n’est pas excessivement spacieuse à l’arrière et dans le coffre. Elle est dans la moyenne, tout simplement.

Un prix qui ne dit pas tout

L’Infiniti Q50 2015 est offerte à partir de 37 500 $. Cela dit, il faut prévoir 2 450 $ pour ajouter la traction intégrale. Jusque-là, ça va. Par contre, le prix passe à 45 100 $ pour la version Limited dotée de la traction intégrale. À ce prix, on obtient des jantes de 19 pouces qui viennent remplacer les jantes 17 pouces du modèle de base, un système de navigation, un système audio haut de gamme Bose et… les sièges chauffants. Ces derniers ne sont pas offerts sur le modèle d'entrée de gamme.

Bon, Infiniti compense en offrant la climatisation à deux zones, l’entrée sans clé avec démarrage par bouton-poussoir, une caméra de recul et le toit ouvrant, mais il me semble tout de même que les sièges chauffants devraient faire partie de l’équipement de base à ce prix.

Au niveau de la sécurité, la Q50 se démarque de ses rivales. Elle offre le système d’avertissement de collision avant qui détecte un arrêt du véhicule devant vous. Elle est aussi en mesure de détecter un arrêt d’urgence effectué par le véhicule qui est devant celui qui vous précède. Il y a un autre système qui applique automatiquement les freins si vous reculez et qu’un véhicule s’approche perpendiculairement sans que vous l’ayez vu. Un dispositif de prévention de sortie de voie corrigera automatiquement la trajectoire du véhicule pour vous maintenir sur le droit chemin. Il y a évidemment un système de surveillance des angles morts, mais celui-ci corrige la trajectoire de la Q50 si le véhicule se met à dévier vers une voiture détectée par le dispositif.

Conclusion

Avec autant de technologie dans une voiture, je ne devrais qu’avoir que de bons mots pour la Q50, non? Comme je l’ai mentionné au début, je trouve malheureusement qu’il manque quelque chose à la voiture même si, de prime abord, la réalité semble tout autre.

Cela dit, je crois qu’elle donnera à son nouveau propriétaire une entière satisfaction à condition que ce dernier n’ait pas besoin de beaucoup d’espace à l’arrière et qu’il préfère les performances au confort.

Personnellement, l’explication de mon opinion plus ou moins favorable envers la Q50 réside peut-être dans le fait que je la trouve trop électronique. La direction, peu importe le mode sélectionné, ne semblait jamais à point. Le comportement de la voiture, malgré l’essai de différents modes, me semblait trop artificiel et lointain.

C’est comme envoyer un texto au lieu d’appeler. C’est efficace, mais froid. Il n’y a pas de lien qui se crée. Mais bon, tout le monde utilise les messages textes de nos jours, alors c’est peut-être moi qui suis trop difficile envers la nouvelle berline d’Infiniti. Au final, elle ne fait qu’inonder ses futures propriétaires de technologies avant-gardistes. N’est-ce pas cela que l’on recherche dans un segment de voitures de luxe?

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