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03/06/2015 05:57 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Tensions en Asie: le président philippin compare la Chine à l'Allemagne nazie, Pékin "choqué"

Le président philippin Benigno Aquino a de nouveau comparé la Chine à l'Allemagne nazie, mercredi à Tokyo, en fustigeant les visées territoriales de Pékin en Asie orientale.

"S'il y avait un vide, si les Etats-Unis, qui sont la superpuissance, se désintéressaient (de la situation en Asie), alors il n'y aurait peut-être plus de frein aux ambitions d'autres pays", s'est alarmé M. Aquino, en faisant allusion à la Chine, lors d'un forum avec les milieux d'affaires japonais.

Mais "si quelqu'un avait dit +stop+ à Hitler, ou à l'Allemagne, on aurait évité la Seconde Guerre mondiale", a argué M. Aquino, en se présentant comme "un étudiant amateur d'Histoire".

Le ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas tardé à réagir, se disant "profondément choqué et mécontent des remarques sans fondement du dirigeant philippin".

Sa porte-parole, Hua Chunying, a accusé les Philippines de "comploter sans cesse avec des pays extérieurs à la région pour semer le trouble et traîner la Chine dans la boue".

Ce n'est pas la première fois que le président philippin compare la Chine à l'Allemagne hitlérienne.

Dans une interview au New York Times en février 2014, il avait déjà tracé un parallèle entre la politique d'apaisement vis-à-vis de Hitler en Europe avant 1939 et l'impuissance à ses yeux de la communauté internationale à freiner les visées territoriales de Pékin en mer de Chine.

Il s'était alors attiré les foudres du gouvernement chinois qui l'avait traité de "politicien amateur, ignorant de l'histoire et de la réalité".

- Eaux troubles -

M. Aquino est arrivé mardi à Tokyo pour une visite d'Etat de quatre jours visant à obtenir le soutien du gouvernement nippon face aux revendications maritimes de la Chine et attirer les investissements japonais dans son pays.

Dans un discours devant la Diète (Parlement), mercredi après-midi, le chef d'Etat philippin a réitéré ses craintes relatives aux travaux de construction par Pékin d'îles semi-artificielles en mer de Chine méridionale.

Les Chinois y mènent d'énormes opérations de remblaiement, transformant des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses.

"La prospérité maritime et côtière de l'Asie de l'Est et du Sud-Est risque d'être perturbée par les tentatives de redessiner les limites et les droits géographiques en dehors du champ clairement conféré par la loi des nations", a averti M. Aquino, qui a salué le pacifisme "incontestable" du Japon après-guerre à l'opposé d'"un pays avec lequel nous (Philippins et Japonais) avons eu des difficultés", une allusion transparente à la Chine.

La mer de Chine méridionale est un carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial, et recèle potentiellement des réserves d'hydrocarbures.

Le Japon et les Philippines ont effectué récemment des manoeuvres conjointes historiques dans la zone. Ces exercices navals, qui consacrent l'alliance entre deux nations ennemies de la Guerre du Pacifique, se sont déroulés à moins de 300 kilomètres d'un récif contrôlé par les Chinois mais revendiqué par Manille.

Outre les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et le sultanat de Brunei revendiquent la souveraineté de certaines parties stratégiques de cette mer, mais Pékin conteste tout et montre ses muscles, suscitant des préoccupations dans la région et au-delà.

De leur côté, le Japon et la Chine se disputent le contrôle d'îles inhabitées, appelées Senkaku par le Japon qui les administre et Diaoyu par la Chine.

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