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03/06/2015 01:41 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Tensions en Asie: le président philippin compare à nouveau la Chine à l'Allemagne nazie

Le président philippin Benigno Aquino a de nouveau comparé la Chine à l'Allemagne nazie, mercredi à Tokyo, en dénonçant les visées territoriales de Pékin dans la région.

"S'il y avait un vide, si les Etats-Unis, qui sont la superpuissance, se désintéressaient (de la situation en Asie), alors il n'y aurait peut-être plus de frein aux ambitions d'autres pays", s'est alarmé M. Aquino, en faisant allusion à la Chine, lors d'un forum avec les milieux d'affaires japonais.

Mais "si quelqu'un avait dit +stop+ à Hitler, ou à l'Allemagne, on aurait évité la Seconde Guerre mondiale", a argué M. Aquino, en se présentant comme "un étudiant amateur d'Histoire".

Ce n'est pas la première fois que le président philippin compare la Chine à l'Allemagne hitlérienne.

Dans une interview au New York Times en février 2014, il avait déjà tracé un parallèle entre la politique d'apaisement vis-à-vis de Hitler en Europe avant 1939 et l'impuissance à ses yeux de la communauté internationale à freiner les visées territoriales de Pékin en mer de Chine.

Il s'était alors attiré les foudres du gouvernement chinois qui l'avait traité de "politicien amateur, ignorant de l'histoire et de la réalité".

M. Aquino est arrivé mardi à Tokyo pour une visite d'Etat de quatre jours visant à obtenir le soutien du gouvernement nippon face aux revendications maritimes de la Chine et attirer les investissements japonais dans son pays. Il sera reçu jeudi par le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Mercredi, il devait être l'hôte de l'empereur Akihito et prononcer un discours à la Diète (Parlement), au cours duquel il devrait de nouveau faire part de ses craintes relatives aux travaux de construction par Pékin d'îles semi-artificielles en mer de Chine méridionale.

Les Chinois y mènent d'énormes opérations de remblaiement, transformant des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses. Pékin a même installé brièvement des pièces d'artillerie sur l'un des îlots, selon les Etats-Unis.

Le Pentagone estime que ces travaux ont permis à la Chine de multiplier les surfaces qu'elle occupe par 400, les trois quarts des 800 hectares ainsi gagnés par Pékin l'ayant été depuis janvier 2015.

Le ministère chinois de la Défense a répliqué en accusant les Américains de "déformer les faits".

Le Japon et les Philippines ont effectué récemment des manoeuvres conjointes historiques en mer de Chine méridionale.

Ces exercices navals, qui consacrent l'alliance entre deux nations ennemies de la Guerre du Pacifique, se sont déroulés à moins de 300 kilomètres d'un récif contrôlé par les Chinois mais revendiqué par les Philippins.

La mer de Chine méridionale est un carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial, et recèle potentiellement des réserves d'hydrocarbures.

Le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et le sultanat de Brunei revendiquent la souveraineté de certaines parties stratégiques de cette mer, mais Pékin conteste tout et montre ses muscles, suscitant des préoccupations dans la région et au-delà.

De leur côté, le Japon et la Chine se disputent la souveraineté d'îles inhabitées en mer de Chine orientale, appelées Senkaku par le Japon qui les administre et Diaoyu par la Chine qui les revendique.

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