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03/06/2015 07:29 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Sécurité des barrages : Québec ne fait pas son travail, conclut un rapport

Le ministère de l'Environnement ne fait pas son travail pour assurer la sécurité des barrages, constate le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars.

Dans un rapport déposé mercredi à l'Assemblée nationale, M. Cinq-Mars conclut que le ministère dirigé par David Heurtel « n'a pas réussi à garantir le respect de la loi en matière d'évaluation de la sécurité des barrages ».

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques est responsable de l'exploitation d'un parc de 758 barrages, dont 323 à forte contenance, assujettis à la Loi sur la sécurité des barrages.

Or, le rapport souligne que le ministère n'arrive pas à assurer l'entretien des barrages sous sa responsabilité et qu'il ne respecte pas les exigences liées aux plans de mesures d'urgence. Pour près de 20 % des barrages, les plans n'ont pas été produits ou ne sont pas conformes.

Le commissaire rapporte aussi que le ministère a réduit la fréquence de ses activités de surveillance des barrages en 2014-2015 et que leur nombre ne respecte plus le minimum requis.

Plus encore, les critères visant à déterminer si un barrage est essentiel à la mission de l'État ne sont pas établis. Pour plus de la moitié des barrages qui sont sous la responsabilité du ministère, la démonstration du caractère essentiel n'est pas faite. Pourtant, souligne le commissaire, ces ouvrages occasionnent des frais liés à leur surveillance et à leur entretien.

Du reste, aucune politique de tarification des services rendus aux bénéficiaires de l'exploitation des barrages n'a été établie et, dans les rares cas où une entente existe, la tarification n'est pas équitable, selon M. Cinq-Mars.

Les citoyens devraient poser des questions, selon le commissaire 

À un journaliste qui voulait savoir si les citoyens qui demeurent près de barrages devraient être inquiétés, M. Cinq-Mars a répondu « il faut poser les questions ». « Si vous demeurez près d'un barrage, assurez-vous de poser les questions aux autorités pour s'assurer que votre barrage est prêt à subir des crues printanières ou des coups d'eau qui peuvent être occasionnés durant l'année », a-t-il dit.

Québec tiendra compte des recommandations

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a assuré en fin d'avant-midi que le gouvernement allait « mettre en oeuvre l'ensemble des recommandations du vérificateur général sur les barrages ».

« Le rapport tire des conclusions très sérieuses qu'il ne faut pas prendre à la légère, en matière de gestion, de gouvernance. On prend ça très au sérieux », a-t-il dit.

« On va augmenter le nombre inspections des barrages [...], on va augmenter la cadence en matière de plan d'urgence. On va revoir le processus de redditions de comptes et de tarification. On a un comité directeur déjà au travail, qui a comme mandat de mettre en place l'ensemble des recommandations », ajoute-t-il.