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03/06/2015 07:47 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Naufrage sur le Yangtsé: colère des familles à Shanghai

Les familles des passagers disparus dans le naufrage d'un navire de croisière sur le Yangtsé ont laissé éclater leur colère mercredi à Shanghai, réclamant des explications et exigeant d'avoir accès au site de l'épave, avec pour seule réponse une intervention musclée de la police.

Avec seulement 14 rescapés jusqu'à présent, les chances devenaient presque nulles de retrouver des survivants sur les 456 personnes que transportait l'"Etoile de l'Orient" (le Dongfangzhixing) lorsqu'il a sombré lundi soir.

Près d'une centaine de passagers, dont une écrasante majorité de personnes âgées, venaient de Shanghai, prospère capitale économique du pays.

En quête désespérée d'informations, des dizaines de proches des disparus se sont rassemblés mercredi devant le siège de la municipalité shanghaïenne pour crier leur frustration.

Mais les forces de l'ordre ont tenté d'étouffer promptement ce mécontentement exprimé en place publique: une vidéo partagée en ligne montrait une vive confrontation entre les policiers et les familles, hurlant à l'extérieur du bâtiment.

"La police a d'abord formé une barrière humaine pour nous empêcher d'entrer", a indiqué à l'AFP une jeune femme, dont la mère se trouvait sur le navire.

"Certains membres des familles se sont énervés et ont commencé à crier. Et c'est alors que des policiers se sont mis à frapper les gens" au cours d'une mêlée agitée, a-t-elle poursuivi.

Soucieuse d'éviter tout débordement, la police a finalement forcé le petit groupe à monter à bord d'un bus, avant le conduire dans le hall monumental d'un autre bâtiment public, transformé pour l'occasion en "centre d'accueil".

A l'intérieur, d'autres membres des familles des passagers étaient réunis, éplorés, devant des écrans diffusant en boucle les reportages de la télévision d'Etat, où apparaissait, omniprésent, le Premier ministre Li Keqiang sur les lieux du drame.

-'Je veux simplement savoir'-

Mais les réfractaires n'ont pas désarmé, s'insurgeant de plus belle contre l'absence de détails sur les opérations de secours et les circonstances du naufrage.

"Il faut absolument que nous allions là-bas, sur place, c'est notre demande à tous", s'est exclamée une Shanghaïenne, mère d'une fillette de sept ans qui voyageait sur l'"Etoile de l'Orient" avec ses grand-parents paternels.

"Qu'elle soit décédée ou non, nous voulons savoir. Nous voulons voir son corps", soupirait mi-résignée à ses côtés Xu Naixiong, grand-mère maternelle de l'enfant.

Certains faisaient circuler une pétition exigeant d'avoir accès au site le plus rapidement possible.

"Attendre ici les bras croisés ne sert absolument à rien!", affirmait Chong Ye, dont les parents quinquagénaires participaient à la funeste croisière.

"Cela fait déjà deux jours. Je veux simplement savoir ce que sont devenus mes parents, est-ce que le gouvernement ne peut pas nous dire au moins cela?", sanglotait-il.

Signe de l'atmosphère très tendue, un homme a été interpellé après une altercation avec un policier. Il a plus tard assuré dans un microblog avoir été relâché peu après.

Face à des catastrophes, Pékin bannit toute communication présentant une image négative du régime communiste, tout en réprimant les récriminations anti-gouvernementales ou les voix critiques sur les responsabilités officielles.

Les familles des passagers chinois du vol MH370 de Malaysia Airlines, disparu mystérieusement l'an dernier, avaient elles aussi ainsi fait bruyamment état de leur détresse, avant d'être harcelées par les autorités et contenues par la police à chacun de leurs rassemblements.

bxs/jug/ple/ros