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03/06/2015 13:31 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Moscou favorable à des investigations sur les attaques chimiques en Syrie

La Russie est favorable à des investigations pour identifier les responsables d'une série d'attaques au gaz de chlore en Syrie, a affirmé mercredi l'ambassadeur russe auprès des Nations unies sans se prononcer sur les moyens de mener l'enquête.

Ces attaques, attribuées au régime de Bachar al-Assad par des pays occidentaux, ont déjà fait l'objet d'une proposition américaine. Elle suggère le vote d'une résolution sur un mécanisme mandatant des experts pour mener l'enquête.

"Il faut identifier les personnes qui sont derrière" ces attaques, a affirmé Vitaly Tchourkine, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies, en marge d'une réunion du Conseil de sécurité sur l'usage des armes chimiques en Syrie.

Interrogé sur la pertinence d'une résolution votée par Conseil de sécurité de l'ONU, M. Tchourkine a ajouté que cela "pourrait (être la meilleure solution), nous devons en discuter".

La Russie, alliée de Bachar al-Assad, et la Chine ont opposé à plusieurs reprises leur veto à des résolutions mettant en cause le régime syrien.

Paris, Londres et Washington ont accusé le régime al-Assad de mener des attaques au gaz de chlore en utilisant des barils d'explosifs largués depuis des hélicoptères. Moscou assure pour sa part qu'il n'existe aucune preuve tangible démontrant l'utilisation d'armes chimiques par son allié.

Le président syrien a affirmé que ses forces n'étaient pas en cause dans les bombardements ayant ciblé en mars la province d'Idleb (nord-ouest) et qui se poursuivent depuis.

La Syrie est censée avoir détruit son arsenal chimique aux termes d'un accord américano-russe conclu en septembre 2013. Mais l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a conclu que du gaz de chlore avait été utilisé de manière répétée et systématique comme arme chimique en Syrie.

L'OIAC n'en a toutefois pas attribué la responsabilité au régime ou à l'opposition armée, qui s'accusent mutuellement de l'avoir fait.

Selon un diplomate onusien, la Russie est favorable à l'idée d'enquêter sur les attaques au gaz de chlore, mais par un mécanisme "plus simple", impliquant l'OIAC.

En avril, des diplomates du Conseil de sécurité ont rencontré des médecins syriens venus présenter des images d'attaques au gaz de chlore. Les documents graphiques portant sur une attaque à Sarmin, dans la province d'Idleb, avaient ému aux larmes plusieurs des participants.

Depuis le soulèvement contre le régime syrien en mars 2011, plus de 220.000 personnes ont péri dans le conflit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

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