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03/06/2015 12:25 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Le président nigérian Buhari juge incontournable l'aide des voisins dans la lutte contre Boko Haram

Le président nigérian Muhammadu Buhari, en visite mercredi Niger, a réaffirmé l'importance de l'appui des pays voisins du Nigeria pour en finir avec le groupe islamiste Boko Haram "avant qu'il ne commette de plus graves dégâts".

Muhammadu Buhari est arrivé le matin à Niamey, première étape d'une tournée qui doit le conduire ensuite au Tchad, deux pays voisins du Nigeria qui participent depuis février avec le Cameroun à une opération militaire régionale qui a permis à l'armée nigériane d'enregistrer un certain nombre de victoires contre le groupe islamiste armé.

"Je viens chercher l'appui de nos voisins. Je suis venu d'abord au Niger, demain j'irai à N'Djamena et je vais aussi parler avec le président du Cameroun, pour étudier les voies et moyens de consolider nos forces", a déclaré le président Buhari.

Le Niger et le Tchad ont des frontières communes avec la région nord-est du Nigeria, épicentre de l'insurrection des islamistes qui a fait plus de 15.000 morts depuis 2009.

"Avec nos voisins, nous allons voir comment traiter Boko Haram avant qu'il ne commette de plus graves dégâts", a indiqué M. Buhari lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue du Niger, Mahamadou Issoufou.

Afin de se montrer plus efficace face aux islamistes armés, le président Buhari a indiqué que "le commandement militaire" nigérian qui lutte contre Boko Haram "doit davantage se rapprocher du théâtre du conflit".

"Nous avons déjà commencé à repenser cette guerre, nous avons instruit l'armée afin que son commandement contre Boko Haram soit déplacé d'Abuja (vers Maiduguri, ndlr) pour se rapprocher davantage du front", a-t-il souligné.

Il a évoqué la tenue prochaine d'un sommet de la Commission du lac Tchad, regroupant le Niger, le Tchad, le Cameroun, le Nigeria et le Bénin.

Lors de ce sommet "nous allons discuter du problème (Boko Haram) pour voir comment unir nos forces et former nos armées afin qu'elles nous élaborent des stratégies pour éradiquer rapidement Boko Haram", a-t-il souligné.

Mais il a averti que la guerre contre le groupe islamiste armé "qui dure depuis cinq ans va prendre du temps".

M. Buhari a également promis de voir "dans la mesure du possible" si l'armée nigériane peut "dans les quatre semaines à venir" prendre la relève des soldats Tchadiens et Nigériens dans les localités du nord-est qu'ils ont reprises.

Le président nigérian, qui a prêté serment vendredi, a fait de la lutte contre Boko Haram, "un groupe de gens fous et sans Dieu" selon lui, la priorité de son mandat.

L'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, longtemps critiqué pour son inaction face à Boko Haram, avait reproché aux pays voisins de ne pas s'engager assez fermement contre le groupe islamiste.

Le président tchadien Idriss Deby a pour sa part souvent critiqué le manque de coordination, de la part de l'administration de M. Jonathan, et a appelé plusieurs fois à une meilleure coopération régionale.

Dans un communiqué conjoint, le Niger et le Nigeria "s'engagent à renforcer les opérations de patrouilles le long de leurs frontières et de doter leurs armées de plus de moyens humains, logistiques et financiers".

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