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03/06/2015 09:36 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Le pétrole ouvre en baisse à New York, craintes sur l'offre des USA et de l'Opep

Les cours du pétrole ont ouvert en nette baisse mercredi à New York, face à une reprise du pessimisme sur la surabondance d'offre et avant les chiffres hebdomadaires sur les stocks américains.

Vers 13H00 GMT, le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet cédait 70 cents à 60,56 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), après être monté la veille à 61,26 dollars, soit le plus haut niveau de l'année pour un contrat de référence.

"Aujourd'hui, on a pris connaissance d'éléments intéressants sur le plan international", à l'approche d'une réunion vendredi à Vienne de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a noté Carl Larry de Frost & Sullivan.

"L'Irak a évoqué une hausse de ses exportations, et c'est ce qui pèse le plus sur le marché à l'heure actuelle", a-t-il précisé, en référence à des propos tenus par Adil Abdel Mahdi, ministre du Pétrole, dans la capitale autrichienne, où la plupart des acteurs du cartel sont déjà présents.

L'Irak est l'un des principaux acteurs des douze pays membres de l'Opep, qui produisent environ 30% du pétrole mondial, et devraient, selon la plupart des analystes, laisser inchangé leur plafond de production fixé officiellement à 30 millions de barils par jour (mbj).

Selon le Koweit, les pays du Golfe, mené par l'Arabie Saoudite, sont partisans du maintien de ce plafond de production, malgré les appels de plusieurs pays de l'Opep en faveur d'une baisse de la production pour favoriser une hausse des cours du pétrole. Ils restent, malgré leur remontée de ces derniers mois, à un niveau inférieur de près de moitié à leur niveau de juin 2014.

Pour M. Larry, les annonces de l'Irak laissent penser que l'Opep va essayer de maintenir les prix à un bas niveau, et, selon les analystes de Commerzbank, "certains observateurs ont même soulevé la possibilité d'un relèvement du quota à 30,5 mbj ou 31 mbj", ce qui constituerait "une déclaration de guerre contre les producteurs aux coûts de production élevés, en premier lieu les spécialistes du pétrole de schiste aux Etats-Unis".

Signe que la production américaine est en ligne de mire de l'Opep, le Venezuela, l'un des membres du cartel dont l'économie a été la plus affectée par la chute des cours du pétrole, a regretté mercredi "la guerre des prix involontaire" entre producteurs de brut causée par l'arrivée du pétrole de schiste des Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, le marché attendait comme tous les mercredis les chiffres du gouvernement sur l'état des réserves de pétrole aux Etats-Unis, prévus à 14H30 GMT.

Les analystes interrogés par l'agence Bloomberg tablaient sur une baisse de 2,5 millions de barils de brut et une hausse modérée de 500.000 barils des stocks d'essence. Ils prévoyaient par ailleurs une progression de 1,3 million des réserves de produits distillés.

La fédération American Petroleum Institute (API) a fait état de son côté d'une hausse inattendue de 1,8 million de barils des réserves de brut, ce qui a contribué au pessimisme du marché, selon les experts de Commerzbank.

Plus que l'état des réserves, "on va regarder si la production a encore monté, après avoir atteint un très haut niveau la semaine dernière, à plus 9,5 millions de barils par jour", a préféré mettre en avant M. Larry.

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