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03/06/2015 12:41 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Le médiateur de l'ONU exhorte les parties libyennes à des concessions

Le médiateur de l'ONU pour la Libye a exhorté mercredi les parties prenantes au conflit libyen à faire des concessions, sous peine d'un effondrement du pays où la Banque centrale ne sera plus en mesure de verser les salaires d'ici moins de deux mois.

"Il faut des concessions pour parvenir à un accord final" sur un gouvernement d'union nationale, a déclaré Bernardino Leon à l'ouverture d'un nouveau round de négociations à Alger entre responsables libyens rivaux.

Les pourparlers qui rassemblent 27 représentants de différentes factions, doivent durer jusqu'à jeudi.

Evoquant une situation économique chaotique, il a averti que la banque centrale "ne sera plus en mesure de verser les salaires d'ici un mois et demi". "La Libye ne pourra plus alors fonctionner en tant qu'Etat", s'est-il alarmé.

Pour le médiateur onusien, ces négociations constituent "une dernière chance, un moment crucial (..) pour la paix et la reconstruction de la Libye au moment où le pays est confronté à un effondrement de son économie et à une montée en puissance de Daech", acronyme arabe du groupe Etat islamique.

La Libye, en proie à une guerre civile, est actuellement divisée entre deux gouvernements --et Parlements-- rivaux: l'un à Tripoli sous la coupe Fajr Libya, coalition de milices dont certaines sont islamistes, et l'autre à Tobrouk, dans l'est du pays, reconnu par la communauté internationale.

"On ne peut plus continuer à accuser le gouvernement installé à Tobrouk de représenter la continuité de l'ancien régime (de Mouammar Kadhafi, NDLR) et Fajr Libya de représenter les organisations terroristes", a-t-il estimé, soulignant que Fajr Libya combat le groupe Etat islamique.

L'ONU tente depuis des mois de trouver un compromis pour mettre fin au conflit et favoriser la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait la principale institution du pays.

"La seule alternative pour l'avenir de la Libye est d'aboutir à un accord. Le temps est venu de conclure cet accord", a martelé l'émissaire de l'ONU.

Bernardino Leon a précisé que les négociations d'Alger devraient permettre d'aboutir à un quatrième projet d'accord, les trois premiers n'ayant pas convaincu les parties en conflit.

"Nous allons discuter comment améliorer le projet (de l'ONU) et envoyer un message qui soit accepté par tous les Libyens et permette de résoudre définitivement le conflit", a précisé M. Leon.

"Nous pouvons apporter de nouveaux éléments et prendre en compte certaines préoccupations, de sorte à faire accepter le projet (d'accord) par tous", a-t-il dit.

Le ministre algérien des Affaires magrébines Abdelkader Messahel a lui aussi souligné la nécessité de parvenir à une solution négociée.

"En dépit des complications de la situation en Libye, nous sommes convaincus que la solution pacifique reste la seule voie", a ajouté M. Messahel.

Alger a déjà abrité depuis mars deux rencontres rassemblant des responsables libyens.

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