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03/06/2015 14:43 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Le Conseil de sécurité fustige le Soudan du Sud après l'expulsion d'un émissaire

Le Conseil de sécurité a vivement critiqué mercredi la décision du Soudan du Sud d'expulser Toby Lanzer, le coordinateur de l'aide humanitaire de l'ONU dans le pays, estimant cette action de Juba complètement contraire à l'intérêt de son peuple.

M. Lanzer a été déclaré persona non grata le 29 mai après avoir récemment affirmé que le pays était sur le point de s'effondrer, englué depuis 18 mois dans un conflit sanglant.

Le Conseil de sécurité a noté que l'expulsion de son émissaire intervenait après un avertissement du programme alimentaire mondial, qui estime le Soudan du Sud au bord de la famine la plus grave depuis son indépendance en 2011.

Cette décision "montre l'indifférence pour la misère dans laquelle est plongée le peuple du Soudan du Sud et pour le rôle essentiel que joue la communauté internationale, en particulier les Nations unies, pour tenter de régler cette crise humanitaire et offrir de l'espoir au peuple", a fustigé le Conseil de sécurité dans une déclaration adoptée à l'unanimité.

Les 15 membres du Conseil ont menacé d'imposer des sanctions contre ceux qui menacent la paix et la stabilité du Soudan du Sud.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait déjà condamné cette action lundi et appelé Juba à revenir immédiatement sur sa décision.

Mardi, les Etats-Unis avaient considéré que cette expulsion était "un affront à la communauté internationale" qui "démontre un mépris insensible concernant la souffrance" du peuple sud-soudanais.

Toby Lanzer, un Britannique qui avait été nommé coordinateur au Soudan du Sud en 2012, devrait prendre prochainement le poste de coordinateur régional humanitaire de l'ONU pour le Sahel.

La crise humanitaire dans ce pays est l'une des plus grave que doit gérer l'ONU, avec près de 2,5 millions de personnes qui manquent de nourriture.

Le pays est plongé dans un conflit qui a éclaté en décembre 2013 au sein de l'armée sud-soudanaise, minée par des antagonismes politico-ethniques alimentés par la rivalité entre forces loyales au président Salva Kiir et rebelles menés par l'ancien vice-président Riek Machar.

Plus de 120.000 sud-soudanais se trouvent dans des camps des Nations unies.

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