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03/06/2015 06:24 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

La Russie réfléchit à des emprunts en yuans (vice-ministre)

La Russie, qui cherche à se rapprocher de la Chine en raison des tensions actuelles avec les Occidentaux, réfléchit à des emprunts de dette publique en yuans, a indiqué mercredi un vice-ministre russe des Finances, Sergueï Stortchak.

De telles opérations, évoquées alors que Moscou a vu son accès aux marchés obligataires compliqué par la crise ukrainienne, présenteraient cependant de nombreuses difficultés, a prévenu le responsable.

"Des études sont en cours concernant les possibilités du marché chinois", a déclaré M. Stortchak, cité par les agences russes.

"Plus nous avons de marges de manoeuvre du point de vue de l'accès aux différentes juridictions, mieux c'est. Pour l'instant les possibilités offertes par notre propre marché nous conviennent", a-t-il déclaré, estimant que le processus pourrait prendre plusieurs années.

La Russie procède traditionnellement à des émissions obligataires hebdomadaires sur le marché russe, mais la crise ukrainienne et les sanctions occidentales ont fait fuir les investisseurs pendant plusieurs mois fin 2014 et début 2015, rendant impossibles la tenue de ces opérations.

Avec le rebond du rouble, sur fond d'accord de cessez-le-feu en Ukraine et de stabilisations des cours du pétrole, les investisseurs sont revenus vers la Russie et Moscou peut désormais se financer plus aisément.

Le gouvernement ne prévoit cependant pas de revenir sur les marchés extérieurs à court terme, alors qu'avant la crise ukrainienne elle y levait sept milliards de dollars chaque année.

"Pour l'instant, le yuan n'est pas une monnaie convertible", a cependant relevé M. Stortchak. Par ailleurs, "il faut étudier l'infrastructure de ce marché: qui y est présent, quels sont les intermédiaires, quelles décisions prend l'organisme de régulation pour autoriser l'enregistrement des émissions, qui sont les possibles investisseurs", a-t-il énuméré.

Visée par des sanctions économiques occidentales sans précédent en raison de la crise ukrainienne, la Russie cherche à se rapprocher des autres pays émergents et notamment son voisin chinois.

La branche pétrolière du géant Gazprom a déjà commencé à facturer en yuans ses livraisons d'or noir à la Chine, et la maison mère est prête à le faire pour le gaz qu'elle lui livrera à partir de 2018. Mais des analystes s'interrogent sur l'intérêt d'une telle démarche plus politique que commerciale, car les prix sont fixés au niveau international en dollars.

Par ailleurs, les marchés asiatiques ne suffisent pas à contourner les sanctions tant le système financier international est aujourd'hui interconnecté.

Le géant bancaire public Sberbank, visé directement par des sanctions occidentales, a ainsi indiqué la semaine dernière ne pas pouvoir se financer sur les marchés asiatiques. "Les sanctions fonctionnent dans le monde entier, Occident comme Orient", a souligné son directeur financier Alexandre Morozov.

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