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03/06/2015 15:22 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

L'Etat français acte un démantèlement à venir du géant public du nucléaire Areva

L'Etat français a acté mercredi le démantèlement à venir du géant public du nucléaire Areva, en tranchant pour une reprise de la majorité de l'activité réacteurs du groupe par EDF, le gestionnaire de l'imposant parc de centrales du pays.

Parallèlement, le gouvernement s'est engagé à renflouer Areva, en difficulté financière et avide d'argent frais après avoir essuyé l'an dernier une perte de 5 milliards d'euros.

Selon la présidence française, "EDF a vocation à devenir actionnaire majoritaire" d'Areva NP, la filiale réacteurs d'Areva, dans laquelle ce dernier "conservera une participation stratégique".

La décision a été officialisée après une réunion au sommet un peu plus tôt à l'Elysée, entre le président François Hollande, son Premier ministre Manuel Valls et les membres du gouvernement concernés par le dossier.

La taille de la participation minoritaire qu'Areva détiendra dans la nouvelle société qui va être créée n'a pas été précisée, ce qui n'exclut pas une ouverture ultérieure de son capital à d'autres partenaires. Des informations de presse ont évoqué récemment la piste d'investisseurs chinois.

Areva NP emploie environ 15.000 salariés sur les quelque 44.000 que compte Areva. Les syndicats du groupe se sont toujours opposés à sa cession et l'un d'eux, la CFDT, a dénoncé un "pillage de tombe" par EDF.

Areva et EDF, détenus respectivement à 87% et 84,5% par des capitaux publics, "finaliseront les principes" du projet décidé "dans un délai d'un mois", selon l'Elysée.

La présidence n'a pas précisé l'ampleur de la recapitalisation promise en parallèle à Areva pour financer ses activités, se bornant à assurer qu'elle se fera "à la hauteur nécessaire".

Le scénario retenu signe pour Areva la fin du modèle intégré qui a fait du groupe créé en 2001 un géant mondial de l'industrie nucléaire avec des activités s'étendant de l'extraction d'uranium au traitement des déchets en passant par la conception des réacteurs.

Il consomme l'échec d'Areva à mener seul des projets de construction de réacteurs, comme les EPR (réacteurs de troisième génération) d'Olkiluoto en Finlande ou de Flamanville (nord-ouest de la France), deux chantiers plombés par des retards et d'énormes surcoûts.

L'Etat inscrit également cette décision dans la volonté de refonder la filière nucléaire française, dont la mésentente, notamment à l'export, a provoqué des ratés retentissants par le passé.

"L'enjeu, c'est non pas de répondre simplement à une difficulté financière que pourrait rencontrer Areva, mais de pouvoir restructurer l'ensemble de la filière pour la doter d'une nouvelle perspective", a fait valoir l'entourage du président Hollande.

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