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03/06/2015 16:38 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

L'eau, « arme ultime » entre les mains du groupe armé État islamique

Le groupe armé État islamique (EI) a utilisé l'« arme ultime » afin de solidifier son emprise sur Ramadi, capitale de la province d'Al-Anbar, en Irak. Le groupe a fermé les vannes d'un barrage qui régule l'Euphrate, un dur coup pour les forces gouvernementales qui souhaitent reconquérir la ville depuis deux semaines. 

« [L'EI] mène désormais une sale guerre de l'eau », dénonce Sabah Karhout, le chef du conseil provincial d'Al-Anbar. Le groupe terroriste espère ainsi déstabiliser Khaldiyah et Habbaniya, deux zones encore sous contrôle gouvernemental, selon des responsables locaux.

« Fermer l'eau est le pire crime qu'il puisse commettre. Cela va forcer les enfants, les femmes et les personnes âgées à fuir, ce qui lui permettra de lancer des attaques », a-t-il poursuivi.

Un autre élu provincial d'Al-Anbar, Arkan Khalaf al-Tarmuz, croit que l'EI a choisi l'eau comme stratégie, car il « n'a probablement pas assez de combattants à nous opposer dans le cadre d'une guerre conventionnelle ».

Depuis qu'ils ont lancé leur offensive dans le nord de l'Irak il y a un an, les djihadistes font grand usage des barrages. Ils se donnent alors le pouvoir d'assoiffer ou d'inonder des zones, selon leurs intérêts militaires.

Une autre tactique de guerre 

Le camion piégé est aussi devenu une arme de guerre privilégiée par l'EI. Le groupe terroriste a revendiqué mardi une attaque suicide perpétrée la veille par trois kamikazes visant une base de police au nord de Bagdad, qui a fait 47 morts.

C'est d'ailleurs cette technique du camion piégé qui a permis à l'EI de récupérer Ramadi et qui empêche maintenant les forces gouvernementales d'y mener une offensive.

Le recours à cette tactique est l'une des raisons qui a forcé Bagdad et l'allié américain à revoir leur stratégie, qualifiée d'« échec » par le premier ministre Haïdar Al-Abadi mardi, lors d'une réunion des pays de la coalition internationale contre l'EI à Paris. 

Mercredi, un haut responsable américain a averti qu'il faudrait « probablement une génération ou plus » pour vaincre la « menace mondiale » que représente l'EI. « Ce sera une longue campagne », a admis depuis Doha le général John Allen, l'émissaire américain pour la coalition dirigée par les États-Unis.

La coalition internationale a néanmoins donné son soutien au premier ministre Al-Abadi afin qu'il puisse lancer son plan de reconquête des territoires perdus. En retour, il lui a été demandé d'accélérer les réformes politiques afin notamment d'inclure la minorité sunnite. 

Du côté syrien 

En Syrie, les forces gouvernementales, affaiblies, recourent de plus en plus aux attaques par hélicoptère avec largage de barils explosifs sur les zones rebelles. Mercredi, au moins 37 civils en sont morts, dont dix enfants.

Mais selon la coalition internationale, l'une des solutions serait plutôt la transition politique pour le régime de Bachar Al-Assad, dont les compétences pour lutter contre les combattants de l'EI sont jugées insuffisantes.

Plus de 4000 combattants étrangers auraient à ce jour rejoint des groupes djihadistes en zones de conflit, notamment en Irak et en Syrie, affirme Interpol.

Pour ceux tout juste débarqués en Syrie, l'objectif serait de détruire Damas et ses banlieues, a fait valoir un responsable de la sécurité syrienne.