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03/06/2015 17:48 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

L'Argentine s'insurge massivement contre les violences faites aux femmes

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi en Argentine pour exprimer leur ras-le-bol des violences envers les femmes après une série de crimes qui ont scandalisé le pays, indignation qui s'étend ailleurs en Amérique latine.

"Cette mobilisation a surgi car il y a eu récemment trois féminicides emblématiques (...) On perçoit un point d'inflexion sociale et politique", explique Fabiana Tuñez, responsable de l'ONG Casa del Encuentro, porte-drapeau de ce mouvement dont le slogan #NiUnaMenos (Pas une de moins) est massivement repris sur les réseaux sociaux.

Une institutrice de maternelle a été égorgée par son ex-mari devant ses élèves. Une adolescente de 14 ans enceinte a été tuée, puis enterrée dans le jardin de la maison familiale par son ex-petit ami de 16 ans, aidé par des proches. Et une femme a été criblée de balles par son ex-compagnon éconduit alors qu'elle se trouvait à la terrasse d'un café.

La présidente argentine Cristina Kirchner et le footballeur Lionel Messi ont apporté leur soutien à la mobilisation.

Si les femmes étaient majoritaires dans la marche de mercredi --certaines victimes de la violence machiste, d'autres par solidarité-- les hommes étaient également présents en nombre.

Pour Maria Elena Cornide, cheffe d'entreprise de 36 ans, "c'est le réveil social, contre l'injustice, les salaires plus bas pour les femmes. Et les violences familiales ne sont pas le seul fléau dont elles souffrent."

Ilse Fuscoba, 86 ans, cheveux blancs et silhouette frêle, tenait un écriteau sur lequel était inscrit: "La société humaine ne peut pas se baser seulement sur le modèle masculin patriarcal".

"Ni la manière de s'habiller, ni les coutumes ne peuvent justifier un abus", revendiquait un groupe de manifestantes.

"Les féminicides, ça suffit. De Barcelone, nous nous joignons à tous les Argentins pour crier bien fort #NiUnaMenos", a posté Messi sur son compte Facebook.

A Santiago du Chili, une centaine de personnes brandissaient des pancartes disant "En deuil et en colère". A Mexico, capitale d'un pays où la violence contre les femmes fait des ravages, un rassemblement était prévu en fin de journée.

Un féminicide est commis toutes les 31 heures en Argentine. Il n'existe pas de statistiques officielles, mais Casa del encuentro a dénombré 277 féminicides en 2014.

Et la situation est encore plus alarmante au Mexique, en Amérique centrale, au Brésil ou en Colombie.

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