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03/06/2015 10:36 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Koweït: le Parlement approuve en première lecture une loi sur les cybercrimes

Le Parlement koweïtien a approuvé mercredi en première lecture une loi prévoyant 10 ans de prison pour les cybercrimes, notamment ceux liés au "terrorisme", malgré les craintes que ce texte n'entraîne des atteintes aux libertés.

Vingt-huit parlementaires, dont plusieurs ministres, ont soutenu la loi en première lecture, huit s'y sont opposés, alors que deux députés se sont abstenus.

Le vote en deuxième et dernière lecture est prévu dans deux semaines.

La loi prévoit une peine de 10 ans de prison pour ceux qui mettent en place un site internet pour un groupe terroriste ou diffusent des informations sur le groupe avec pour but de récolter des fonds.

Le gouvernement a argué que la loi visait à combler un vide législatif et réguler l'utilisation des réseaux sociaux comme Twitter. Mais plusieurs députés ont prévenu que cette législation risquait de restreindre la liberté d'expression et d'entraîner de nombreux Koweïtiens derrière les barreaux.

Le député chiite Saleh Ashour a qualifié la loi d'"extrêmement dangereuse", craignant qu'elle punisse aussi toute expression d'une divergence politique.

"Est-ce logique d'envoyer un jeune homme en prison pour dix ans parce qu'il a juste exprimé une opinion politique ?", a-t-il indiqué.

"Quel est le pays européen qui condamne à dix ans de prison des gens qui ont critiqué le chef de l'Etat ou le Premier ministre?", a-t-il ajouté.

Depuis les manifestations massives ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes en 2012, dans la foulée du Printemps arabe, les autorités koweïtiennes ont mené une campagne de répression contre l'opposition.

Les tribunaux ont condamné à des peines de prison plusieurs militants de l'opposition et anciens députés, notamment pour des remarques jugées insultantes envers l'émir.

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