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03/06/2015 05:27 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Grèce: les négociations dans la dernière ligne droite, Tsipras attendu à Bruxelles dans la soirée

Les négociations entre la Grèce et ses créanciers entraient mercredi dans la dernière ligne droite, le Premier ministre Alexis Tsipras étant attendu dans la soirée à Bruxelles.

M. Tsipras se rendra à la Commission européenne pour y rencontrer le président Jean-Claude Juncker, "avec dans ses valises la proposition grecque", soit un document de 46 pages de réformes et mesures budgétaires pour obtenir le versement de 7,2 milliards de prêts, a affirmé une source gouvernementale grecque.

Selon la presse locale, le document prévoit une réforme de la TVA, l'unification graduelle des caisses de retraites, la suppression des retraites anticipées et l'accélération du processus de privatisations.

Cette visite n'était pas confirmée par la Commission européenne mais des détails commençaient à filtrer. Outre MM. Tsipras et Juncker, le patron de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem devrait être présent, ainsi que des représentants de la BCE et du FMI, les institutions créancières d'Athènes, selon une source européenne.

Cette rencontre doit survenir alors que la BCE tient ce mercredi sa réunion de politique monétaire où la Grèce risque d'être au centre des discussions.

- Nouveau bras de fer en vue -

Le rendez-vous pourrait donner lieu à un nouveau bras de fer entre Athènes et ses créanciers, qui ont mis au point leur propre programme de réformes pour le pays et entendent négocier uniquement sur cette base. "C'est la seule proposition qui compte", a affirmé à l'AFP une source proche des négociations.

Il s'agit de la deuxième réunion au sommet sur le dossier grec depuis lundi soir, où la directrice générale du FMI Christine Lagarde, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi et M. Juncker ont rejoint au pied levé la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, en visite à Berlin.

Le temps presse pour trouver un accord permettant le déblocage des 7,2 milliards d'euros, en suspens depuis des mois, alors que la Grèce risque à tout moment de se retrouver en faillite.

Vendredi, le pays doit rembourser une tranche de prêts de 300 millions d'euros au FMI, premier versement d'un total de 1,6 milliard d'euros dus à l'institution de Washington en juin. Si Athènes dispose des fonds pour effectuer ce versement, selon une source familière de ces transactions, le gouvernement de gauche radicale a laissé entendre que des gages d'accord seraient nécessaires pour envisager les prochains paiements du mois.

"Si nous n'avons pas de perspective d'accord vendredi ou lundi, nous ne paierons pas l'argent" au FMI, a déclaré le chef du groupe parlementaire Syriza, Nikos Philis, sur la chaîne TV grecque Mega, sans préciser à quel versement il faisait référence.

Le groupe parlementaire Syriza se réunira d'ailleurs jeudi pour examiner les offres d'accord, une étape essentielle car M. Tsipras aura besoin d'une majorité parlementaire pour faire passer la liste de réformes, conditionnant le versement de l'aide.

Pour qu'un accord soit sur pied avant l'expiration du deuxème plan d'aide à la Grèce au 30 juin, le feu vert des créanciers et des 19 pays de la zone euro doit intervenir au plus tard lors de l'Eurogroupe du 18 juin.

Mais les dissensions sont toujours fortes au sein de la zone euro. Mercredi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, tenant d'une ligne dure vis-à-vis d'Athènes, a accusé l'exécutif grec d'avoir fait des promesses qu'il ne pouvait pas tenir.

"Syriza a réussi (...) à faire croire aux Grecs qu'il y aurait un moyen facile de rester dans la zone euro et ce sans faire de grands efforts de réformes qui sont en réalité dans l'intérêt de la Grèce", a estimé M. Schäuble dans un entretien à l'hebdomadaire Wirtschaftswoche.

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