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03/06/2015 11:23 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Grèce: dissonances franco-allemandes sur l'imminence d'un accord

Paris et Berlin divergeaient mercredi sur les chances d'un accord rapide sur la Grèce, le président français François Hollande évoquant un règlement possible dans "quelques heures" tandis que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, se disait pessimiste.

"Nous sommes à quelques jours, je ne veux pas même dire à quelques heures d'un possible règlement", a dit M. Hollande à Paris, alors que quasiment au même moment à Berlin, Wolfgang Schäuble jugeait qu'une liste de propositions grecques de réformes ne "changeait rien" à son opinion exprimée la semaine dernière, à savoir qu'une issue semblait encore éloignée.

La dernière proposition d'Athènes "conforte plutôt" cette opinion, a-t-il déclaré à Berlin lors d'une conférence de presse.

Un peu plus tôt dans l'après-midi, son porte-parole, Martin Jäger, avait déjà exprimé les réticences de Berlin envers les propositions grecques. "J'ai la nette impression que la liste (préparée par la Grèce) ne sera pas la dernière solution au problème", avait dit M. Jäger.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras doit présenter mercredi soir à Bruxelles au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ses propositions, soit 46 pages, selon Athènes, qui n'a pas fourni d'autres éléments sur celles-ci.

La rencontre Tsipras/Juncker sera "une première discussion" et ne débouchera pas sur un accord entre Athènes et ses créanciers, a prévenu mercredi un porte-parole de l'exécutif européen.

Les propositions grecques, qui selon la presse portent notamment sur une réforme de la fiscalité et remettent au programme des privatisations partielles, ne répondent manifestement "pas entièrement aux exigences" mais "doivent être prises en compte dans la discussion", a déclaré M. Jäger, signifiant toutefois clairement que pour Berlin, la feuille de route concurrente en cours d'élaboration par la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne aurait plus de poids. Elle sera "la base de discussions qui comptera" pour l'Allemagne, a dit M. Jäger.

Le gouvernement grec aux abois négocie depuis fin février avec les trois institutions pour obtenir, en échange d'engagements à faire des réformes, le déblocage de plusieurs milliards d'euros d'aides financières. Les discussions ont piétiné pendant des mois, et malgré de récents progrès, achoppent toujours notamment sur des réformes du marché du travail et des retraites en Grèce.

Mme Merkel et M. Hollande ont tenté ces derniers jours de donner une nouvelle dynamique aux négociations, alors qu'Athène fait face à des échéances financières cruciales. Les deux dirigeants se sont entretenu ensemble au téléphone avec Alexis Tsipras dimanche soir, et se sont concertés lundi soir à Berlin avec M. Juncker, le président de la BCE Mario Draghi et la directrice générale du FMI Christine Lagarde.

Mercredi soir un nouveau rendez-vous téléphonique était programmé, a indiqué le chef de l'Etat français à l'AFP. "Je vais avoir Tsipras au téléphone tout à l'heure, ainsi que Mme Merkel", a dit M. Hollande.

M. Draghi a qualifié mercredi les négociations de "mouvantes" et a appelé à "un accord fort", tout en exprimant son souhait et "la détermination forte" de toutes les parties à maintenir la Grèce dans la zone euro.

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