NOUVELLES
02/06/2015 20:38 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Des laboratoires canadiens auraient reçu de l'anthrax des États-Unis

WASHINGTON - Trois trousses d'essai en laboratoire qui pourraient avoir contenu par erreur le bacille du charbon ont été envoyées au Canada et aux États-Unis, mais n'avaient pas été manipulées depuis des années, ont indiqué tard mardi le ministère de la Défense nationale et l'Agence de la santé publique du Canada.Une source près de l'enquête aux États-Unis a confirmé que trois trousses d'essai qui pourraient avoir renfermé des échantillons actifs de cette bactérie plus connue sous le nom d'anthrax ont été envoyées au Canada par le laboratoire de l'armée américaine à Dugway Proving Ground, dans l'Utah.Les trois trousses ont été acheminées à deux laboratoires. Le Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg a reçu une de ces trousses, a reconnu par courriel l'Agence de la santé publique du Canada.Plus tard, le ministère de la Défense nationale a confirmé qu'un établissement de recherche à Suffield, en Alberta, avait reçu deux fioles de bacille possiblement actif en août 2007.Le ministère a affirmé que les fioles avaient été repérées et placées dans un niveau d'isolement requis pour l'anthrax, dans l'établissement appelé le Centre de recherches de Suffield de Recherche et développement pour la défense Canada.«Nos relevés indiquent que les échantillons de 2007 en question n'ont pas été manipulés au cours des cinq dernières années, et il n'y a pas eu d'enjeux de sécurité liés à cet échantillon au centre de recherches Suffield», a soutenu la Défense nationale par courriel.Le charbon — aussi appelé anthrax en anglais, est un nom répandu pour désigner la bactérie Bacillus anthracis, qui se trouve dans la terre. Il infecte généralement des animaux tels que la vache, le mouton et le bison.Chez l'humain, le charbon inhalé peut est hautement mortel, mais la forme cutanée de la maladie — une infection de la peau — ne l'est généralement pas, si l'exposition est bien traitée.Ces trousses d'essais mettent de plus en plus dans l'embarras le département américain de la Défense.À la fin mai, il a été découvert que le laboratoire Dugway avait envoyé des échantillons actifs de charbon non identifiés — des échantillons qu'il avait cru désactivés ou détruits — à plusieurs laboratoires. Depuis la découverte initiale, une enquête du Pentagone et des Centres américains pour le contrôle des maladies a déterminé que davantage de laboratoires avaient reçu ces trousses que ce que l'on avait cru d'abord.Il a été révélé que des laboratoires à l'extérieur des États-Unis — en Corée du Sud, en Australie et au Canada — avaient également reçu des trousses avec des échantillons possiblement actifs.Ces trousses sont utilisées pour évaluer la capacité d'un laboratoire à détecter divers agents pathogènes. Mais les échantillons de charbon, dans des fioles non identifiées, auraient dû être rendus inertes.L'Agence de la santé publique du Canada a aussi affirmé que les trousses n'avaient pas été utilisées depuis au moins cinq ans au laboratoire à Winnipeg, et qu'il n'y avait eu aucun signalement de troubles de santé parmi le personnel.