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03/06/2015 08:56 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Dans un quartier de Londres, les sans-abris risquent jusqu'à 1.000 livres d'amende

Dans un quartier du nord de Londres, un nouvel arrêté municipal controversé prévoit des amendes de 100 livres contre les sans-abris dormant ou mendiant dans la rue, pouvant grimper à 1.000 livres en cas de non paiement (1 livre = 1,37 euro).

Selon cet ordre de protection de l'espace public (PSPO) en vigueur depuis la fin mai, la police ou les officiers municipaux d'Hackney peuvent demander à toute personne de cesser de "mendier, de boire de l'alcool, d'avoir des comportements antisociaux, de mal utiliser les toilettes publiques, de dormir dans la rue, d'uriner ou de déféquer dans un espace public ou d'avoir un chien sans laisse causant des nuisances".

Hackney est un quartier populaire du nord de Londres qui avait été le théâtre d'émeutes en 2011 à la suite de la mort d'un jeune noir tué par la police.

Ce PSPO permet à la police ou aux officiers municipaux d'infliger une amende de 100 livres aux contrevenants, une somme qui pourra être portée jusqu'à 1.000 livres par un tribunal en cas de non paiement.

Une pétition en ligne contre cet arrêté (www.change.org/p/hackney-council-stop-criminalising-hackney-s-rough-sleepers) pour dénoncer cette "criminalisation des sans-abris d'Hackney" comptait mercredi à la mi-journée 2.700 soutiens.

"Les gens ne devraient pas être punis pour le +crime+ de ne pas avoir un toit au-dessus de leur tête", dénoncent les auteurs ce texte, jugeant "absurde d'imposer une amende de 1.000 livres à un SDF".

"Cet arrêté ne sera appliqué qu'en dernier ressort et ne sera utilisé que pour ceux qui continuent de dormir dans la rue et font partie de ceux qui ont un comportement anti-social persistant qui affecte la sécurité et le bien-être de nos résidents", a tenu à préciser sur le site de l'arrondissement d'Hackney la maire adjointe Sophie Linden.

En juin 2014, des piques anti-SDF installées devant l'entrée d'un immeuble de Southwark, dans le sud de Londres avaient fait scandale. Le maire conservateur de Londres, Boris Johnson, avait demandé leur retrait.

A Londres, on compte 1,37 ménage sans domicile fixe pour 1.000 ménages logés, selon les dernières statistiques gouvernementales. Entre octobre et décembre 2014, 4.690 ménages ont été enregistrés comme étant SDF, un chiffre en hausse de 8% par rapport à la même période en 2013.

Créés en 2014, les PSPO, valables trois ans, visent à donner davantage de pouvoir aux mairies pour lutter contre les comportements antisociaux.

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