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03/06/2015 11:30 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

C1/Juventus-Barcelone: Chiellini et Evra reviennent hanter Suarez

Luis Suarez rattrapé par son passé: l'attaquant uruguayen, en pleine rédemption au FC Barcelone, devrait retrouver samedi en finale de Ligue des champions (20h45) les défenseurs de la Juventus Turin Giorgio Chiellini et Patrice Evra, les plus fameuses victimes de son côté obscur.

Et dire que Suarez commence à peine à faire oublier ses écarts de conduite! Epanoui à Barcelone, complice avec Lionel Messi et Neymar, "Lucho" semble remonter la pente un an après avoir mordu l'Italien Chiellini au Mondial-2014, provoquant un scandale planétaire.

Ce coup de sang, qui lui a valu quatre mois de suspension, a contraint l'avant-centre à se soigner auprès de "professionnels adaptés", comme il l'a lui-même reconnu.

Samedi, avec la pression d'une finale d'envergure, Luis Suarez va devoir prouver qu'il s'est assagi. Même s'il affronte un club où évoluent à la fois Chiellini et le Français Evra, à qui l'ex-joueur de Liverpool avait adressé des insultes racistes en 2011.

"Je ne suis pas le meilleur du monde quand je marque, ni le pire quand je fais des erreurs", a souligné Suarez il y a quelques semaines. "Il faut assumer, faire au mieux. Il faut garder la confiance en soi."

- Déprimé puis déchaîné -

Lors de son transfert l'été dernier, le pari Suarez n'était pourtant pas évident: pour le Barça, il s'agissait de miser 81 M EUR sur un paria mondial, suspendu pour les deux premiers mois de compétition de sa nouvelle équipe.

Mais malgré des moments de déprime à l'intersaison, l'Uruguayen n'a pas récidivé. Il a fait profil bas pour s'acclimater à la vie à Barcelone, où résident ses beaux-parents, et au jeu catalan.

"Mes camarades m'ont très bien traité malgré les critiques", s'est-il réjoui.

Meilleur buteur du Championnat d'Angleterre 2013-2014 (31 buts), Suarez le "Pistolero" a commencé son séjour barcelonais par délivrer des passes décisives, comme pour se faire accepter de ses nouveaux partenaires.

Et à partir de janvier, il s'est déchaîné. Ses statistiques sont éloquentes: 24 buts et 20 passes décisives en 41 matches, un total solide pour une première saison, qui plus est tronquée.

Sur le terrain et en dehors, sa complicité avec les Sud-Américains Messi et Neymar est également allée crescendo: le "Roi Leo", séduit, lui a même cédé volontiers la pointe de l'attaque, une position dont personne n'avait déboulonné l'Argentin depuis 2009.

"C'est un privilège pour moi de côtoyer au quotidien des joueurs de cette qualité, a résumé Suarez, qui a enrichi son palmarès d'un doublé Coupe-Championnat avec le Barça en mai.

- Chiellini: 'Je l'embrasse volontiers' -

Bref, tout irait pour le mieux pour l'Uruguayen s'il n'y avait pas cet encombrant passé, qui revient le hanter avant la finale de Ligue des champions de samedi.

Mais de part et d'autre, on sent l'envie d'oublier les fantômes d'hier et de se concentrer sur le match. "Cela appartient à l'histoire du football. Nous avons tous le droit à l'erreur, c'est du passé", a balayé l'entraîneur barcelonais Luis Enrique mardi.

Chiellini a d'ailleurs tenté de dédramatiser ces retrouvailles: "Je l'embrasse volontiers!", a dit le défenseur dans un grand sourire. "Je n'ai absolument aucun problème, et je pense que pour lui c'est la même chose", a ajouté l'Italien, qui est néanmoins incertain pour la finale en raison d'une douleur au mollet gauche.

Quant à Evra, il a assuré qu'il serrerait la main à Suarez, ce que l'Uruguayen avait refusé de faire en 2012 avant un match entre Liverpool et Manchester United.

"Je suis fier de ce que je suis et de ma couleur", a dit le Français. "La seule chose qui m'intéresse c'est qu'il sente ma présence sur le terrain, c'est tout."

Un match sans incident serait la meilleure manière pour tout le monde de tourner la page. Et pour Suarez, un sacre européen serait le plus beau des rachats.

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