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03/06/2015 02:15 EDT | Actualisé 03/06/2016 01:12 EDT

Bonnes perspectives d'avenir pour la pêche au crabe

L'industrie de la pêche au crabe des neiges dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, compte 73 crabiers, une relève jeune et instruite, et une augmentation de la valeur de ses prises.

Le crabe fait l'objet d'une pêche depuis les années 1960 dans la Péninsule acadienne. Au départ, c'était une expérience du gouvernement fédéral. Émilien Goupil y a participé.

« On pêchait le long de la Gaspésie. On cherchait les places où il y avait le plus de crabes. Les crabes, dans ce temps-là, montaient sur la trappe. Quand on la montait, c'était bien plein de crabes », se souvient Émilien Goupil, ancien pêcheur.

M. Goupil recevait à l'époque 3 ¢ la livre pour ses prises. Mais cette pêche a pris de l'expansion. La région a longtemps eu 81 crabiers amarrés à ses quais, mais ce n'est plus le cas.

« Aujourd'hui, en 2015, on compte que la flottille traditionnelle de semi-hauturiers est titulaire de 73 permis de crabe des neiges au Nouveau-Brunswick », précise Steve Hachey, de Pêches et Océans Canada.

Certains permis ont été vendus à des pêcheurs d'autres provinces ou aux communautés autochtones. D'autres ont été partagés entre pêcheurs.

La qualité du crabe des neiges du golfe du Saint-Laurent en attire plusieurs. « Il y a toujours quelqu'un sur les quais qui appelle un pêcheur et qui lui dit : "Jaimerais acheter ton permis. Si jamais tu veux le vendre, tu m'en parles" », affirme Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels.

Jean Lanteigne déplore que la pêche soit tenue pour acquise au Nouveau-Brunswick. « C'est à quel endroit que l'on a parlé dernièrement, parmi tout ce que l'on entend, à quel endroit on a dit qu'on allait investir dans la pêche pour relancer l'économie ou pour améliorer la situation économique? On ne parle pas de ça », souligne M. Lanteigne.

Et pourtant, la valeur de cette industrie n'est pas négligeable. « Si on regarde 25 ans passés, la valeur des débarquements était de 10,5 millions, et ces dernières années la valeur des débarquements se situe entre 50 et 60 millions », explique Steve Hachey.

De plus, la relève semble assurée. À Shippagan, 50 % des capitaines de crabiers sont dans la quarantaine. La moyenne d'âge diminue et les mentalités changent.

« Là, on a des pêcheurs qui détiennent des formations universitaires, collégiales. Ça fait que le discours n'est plus le même. L'approche est beaucoup plus rationnelle, plus scientifique », indique Jean Lanteigne.

Ce qui, selon Jean Lanteigne, apporte moins de confrontations avec les scientifiques du ministère des Pêches et des Océans, et plus de solutions pour assurer un avenir à cette ressource.

D'après un reportage de David Maltais