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02/06/2015 09:36 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Une Russe saisit la justice contre une agence des "trolls" informatiques

Une Russe, qui affirme s'être infiltrée en tant qu'employée dans une agence de propagande pro-Kremlin sur internet, avant d'être démasquée et licenciée, a annoncé avoir saisi la justice en prônant la lutte contre les "trolls" informatiques.

"Cette propagande sur internet est très dangereuse. Il faut qu'elle soit mise en lumière", a déclaré à l'AFP mardi Lioudmila Savtchouk, 34 ans, journaliste freelance et militante pour le droit à l'information.

La jeune femme dit avoir déposé une plainte contre une mystérieuse "Agence d'investigation de l'internet" à Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

Elle a travaillé pour cette agence pendant deux mois, jusqu'en mars 2015, publiant comme ses collègues des articles positifs sur la vie en Russie et sur Vladimir Poutine, se moquant parfois de ses adversaires.

Lioudmila Savtchouk réclame le versement d'un mois de salaire impayé et accuse l'agence de ne pas conclure de contrats de travail avec ses employés, payés au noir.

"Mais notre objectif principal est d'attirer l'attention de la société envers ce phénomène honteux", affirme Lioudmila Savtchouk qui dit s'être fait embaucher par l'agence pour "voir de intérieur" le système des "trolls" afin de savoir comment lutter contre eux.

Démasquée au bout de deux mois, elle a été licenciée après la publication -- sous pseudonyme -- dans des médias de Saint-Pétersbourg d'articles dénonçant cette "fabrique de propagande".

En avril, Mme Savtchouk avait déjà dénoncé les activités de l'agence, dans plusieurs interviews à la presse russe et étrangère, sans préciser alors "pour des raisons de sécurité" qu'elle s'y était infiltrée exprès.

La première audience du procès intenté par la jeune femme, qui aurait dû avoir lieu lundi, a été reportée au 23 juin, en raison de l'absence des avocats de la défense. Mais l'avocat de Mme Savtchouk est loin d'être découragé.

"Nous aimerions que les activités de cette agence deviennent transparentes", a déclaré à l'AFP Ivan Pavlov. "Les +trolls+ ne supportent pas la lumière", a-t-il ajouté.

L'utilisation des "trolls" informatiques est allée crescendo depuis un an au rythme du conflit en Ukraine et de la crise entre la Russie et les Occidentaux qui accusent Moscou de soutenir militairement les séparatistes ukrainiens prorusses, ce que le Kremlin dément.

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