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02/06/2015 11:33 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Un «génocide culturel» serait survenu dans les pensionnats autochtones

OTTAWA - Rien de moins qu'un «génocide culturel» serait survenu dans les pensionnats autochtones du Canada pendant plus de cent ans, selon un rapport très attendu de la Commission de vérité et de réconciliation rendu public mardi.À la suite de ce constat effarant, les commissaires ont rédigé 94 recommandations aussi variées qu'une plus grande indépendance des services policiers, une augmentation du financement du diffuseur public et l'instauration d'un jour férié en l'honneur des survivants. Les auteurs réclament aussi des excuses officielles du pape à l'endroit de ces victimes.Par ailleurs, ils demandent à ce que les gouvernements fédéral, provincial et municipal adoptent et mettent en place la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans le cadre de cette «réconciliation».La publication du rapport met un terme à six années d'étude approfondie sur les pensionnats autochtones, financés par le gouvernement, qui ont fonctionné pendant plus de 120 ans au pays.La commission, qui avait été lancée à la suite de l'un des plus grands règlements d'un recours collectif de l'histoire du Canada, a parcouru le pays pour s'entretenir avec des milliers d'autochtones qui ont vécu dans les pensionnats.Selon le rapport, la négligence était «institutionnalisée» et les étudiants ont été soumis à des sévices «physiques et sexuels».En créant ces institutions, le gouvernement canadien aurait essentiellement déclaré les parents de ces autochtones «inaptes» en envoyant leurs enfants dans de ce système, administré en grande partie par les Églises catholique, anglicane, unie, méthodiste et presbytérienne.Il y avait plus de ces 130 établissements au Canada. Le dernier pensionnat, situé près de Regina, en Saskatchewan, a fermé ses portes en 1996.Le document complet de l'enquête de six volumes et de milliers de pages sera dévoilé plus tard cette année.