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02/06/2015 09:07 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Turquie: Erdogan porte l'affaire des toilettes présidentielles en or dans le prétoire

A cinq jours d'un scrutin législatif crucial pour son avenir politique, le président turc Recep Tayyip Erdogan a décidé de poursuivre en justice l'un de ses principaux rivaux qui, en l'accusant de gabegie, avait prétendu que le siège de ses toilettes était en or.

L'un des avocats du chef de l'Etat, Muammer Cemaloglu, a annoncé mardi à l'agence de presse progouvernementale, Anatolie, qu'il avait déposé une plainte en diffamation contre le président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) Kemal Kiliçdaroglu, auteur de la désormais fameuse sortie sur les commodités présidentielles.

Selon M. Cemaloglu, son client a réclamé 100.000 livres turques (34.000 euros) de dommages et intérêts.

Lors d'un meeting samedi à Izmir (ouest), M. Kiliçdaroglu avait usé d'une image inattendue pour dénoncer la corruption dont il accuse le régime de M. Erdogan en suggérant que son palais était équipé de "sièges en or (pour recouvrir) les toilettes".

L'accusation a été traitée très sérieusement par le président qui a mis au défi son adversaire de prouver ses allégations.

"Je l'invite venir faire une visite (...) je me demande s'il sera capable de trouver un couvercle de toilettes en or dans une salle de bains", a réagi M. Erdogan dimanche à la télévision, "si c'est le cas, je démissionnerai de la présidence".

Loin de s'éteindre, la polémique s'est intensifiée lundi. "Hey, Kiliçdaroglu ! Quand as-tu visité ces toilettes et les as-tu lavées pour avoir découvert qu'elles étaient recouvertes d'or ?", a lancé le président lors d'un discours à Erzurum (est).

Lundi soir, le patron du CHP a rétorqué sèchement qu'il n'avait "aucun intérêt dans les palais" et a dénoncé "l'appétit d'Erdogan pour l'or, les dollars et les euros".

Inauguré à l'automne, le nouveau palais présidentiel, qui compte un millier de pièces et a coûté 490 millions d'euros, est l'une des cibles favorites des détracteurs de M. Erdogan.

Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan se présente en favori mais affaibli aux législatives de dimanche. Le chef de l'Etat espère y obtenir une forte majorité pour réformer à sa main la Constitution.

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