NOUVELLES
02/06/2015 12:43 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Parizeau a fait entrer le Québec dans la modernité, dit Pierre Karl Péladeau

QUÉBEC - L'ex-premier ministre Jacques Parizeau, décédé lundi soir, a été «une bougie d'allumage» qui a mené Pierre Karl Péladeau à s'engager politiquement pour l'indépendance du Québec, a déclaré mardi le nouveau chef péquiste.M. Péladeau a affirmé que sa réflexion s'était entamée à la suite d'une rencontre avec M. Parizeau, «il y a quelques années».«J'avais sollicité une rencontre, que j'ai obtenue avec lui, à son domicile de l'Île-des-Soeurs, a-t-il dit. J'ai eu avec lui une discussion autour du service public, de l'intérêt public et de l'intérêt du Québec. C'est à partir de ce moment-là que ma réflexion s'est entamée sur mon propre engagement en politique pour l'indépendance du Québec.»M. Péladeau a souligné la contribution de M. Parizeau pour faire entrer la société québécoise dans la modernité.«Grâce à lui et à de très rares autres, la nation québécoise a franchi les portes de la modernité jusqu'aux abords du pays du Québec, a-t-il dit. Il a été la bougie d'allumage pour les Québécois pour nous faire comprendre que tout était possible pour nos ambitions, ici comme ailleurs, sur toutes les tribunes.»M. Péladeau a rappelé plusieurs des réalisations significatives de M. Parizeau, qui a été haut fonctionnaire durant la Révolution tranquille avant de faire de la politique active ensuite.Le chef péquiste a souligné notamment son rôle dans la nationalisation de l'électricité, dans les années 1960, à titre de conseiller économique et financier du premier ministre Jean Lesage.«C'est Jacques Parizeau qui a obtenu un prêt important auprès des institutions financières américaines, alors que les syndicats financiers de la rue Saint-James et de Toronto s'opposaient à cette nationalisation», a-t-il dit. M. Parizeau était au nombre des personnalités politiques souverainistes à avoir appuyé le saut en politique de M. Péladeau l'an dernier. L'ancien premier ministre était resté neutre dans la récente course à la direction.Auparavant, M. Parizeau, qui n'avait plus sa carte de membre du PQ, avait appuyé Option nationale et son chef, Jean-Martin Aussant, qui avait claqué la porte du PQ. Le départ de M. Aussant avait été précédé de celui de l'épouse de M. Parizeau, Lisette Lapointe.L'automne dernier, dans un discours, M. Parizeau avait dénoncé le flou référendaire et la «dérive» du Parti québécois. Il avait estimé que les souverainistes étaient devant un «champ de ruines».Mardi, M. Péladeau a affirmé que M. Parizeau était demeuré souverainiste avant tout même s'il a pu sembler prendre ses distances du PQ au cours des dernières années.«Ce dont je ne doute jamais et aucunement, ce sera que M. Parizeau était engagé pour faire du Québec un pays», a-t-il dit.Le député péquiste François Gendron a de son côté souligné la rigueur et le sens de l'État de M. Parizeau.M. Gendron, qui a été du premier gouvernement péquiste élu en 1976, a rappelé qu'il avait bénéficié de ses conseils, alors qu'il était jeune ministre.«M. Parizeau était un homme d'État, a-t-il dit. Le conseil des ministres, c'est sérieux, il faut que ce soit court, précis, décisionnel. Ça c'est le sens de l'État.»M. Gendron a rappelé qu'il était intimidé à ses débuts par l'expérience de M. Parizeau, une impression qui s'est dissipée au fil de leurs fréquentations et des années qui ont suivi, au pouvoir comme dans l'opposition.«Moi-même je créais une distance par rapport à M. Parizeau, parce que je me disais: il sait tout, a-t-il dit. Mais rapidement, il m'a aidé à la corriger, quand j'ai négocié pour des rencontres fédéral-provincial, à plusieurs reprises M. Parizeau a été un bon, bon coach.»