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02/06/2015 17:02 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Parizeau a contribué à l'émergence du Québec inc, croit Jean Campeau

MONTRÉAL - L'émergence du «Québec inc.» n'a pas été l'affaire d'un seul homme, mais la contribution de l'ex-premier ministre péquiste Jacques Parizeau a été énorme, estime celui qui a été son ministre des Finances dans les années 1990, Jean Campeau.«Il a sûrement été un de ceux qui ont préparé le terrain», s'est souvenu mardi celui qui a également été coprésident de la commission Bélanger-Campeau sur l'avenir politique et constitutionnel de la province au début des années 1990.Au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne, M. Campeau a rappelé que le Régime d'épargne-actions (REA) mis de l'avant par M. Parizeau a permis la croissance de plusieurs entreprises qui composent aujourd'hui le «Québec inc.».Cascades (TSX:CAS) a par ailleurs rappelé, mardi, avoir été la première société — qui compte maintenant 11 000 employés — à se prévaloir du REA afin d'asseoir sa croissance au fil du temps.«Avant cela, les entreprises n'empruntaient qu'aux banques, a rappelé M. Campeau. Cela les empêchait de prendre de l'expansion parce qu'elles étaient limitées dans leurs emprunts.»Outre le REA, la plus «grande création» de M. Parizeau demeure son rôle de conseiller auprès de l'ancien premier ministre Jean Lesage dans la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) — qui célèbre cette année son 50e anniversaire.Pour M. Campeau, qui a été président du conseil d'administration et directeur général de l'institution de 1980 à 1990, c'est la Caisse qui a permis à la province de s'affranchir de l'emprise des marchés financiers.«Auparavant, les grandes banques canadiennes (...) dominaient le Québec et la province était presqu'à genoux quand venait le temps d'emprunter, analyse-t-il. La CDPQ a permis à la province de devenir plus à l'aise.»Outre la capacité d'emprunt, la Caisse de dépôt a également joué un rôle important avec les années en ce qui a trait aux investissements en action dans les petites et moyennes entreprises (PME), ce qui consolide l'héritage de l'ex-premier ministre, croit M. Campeau.Économiste de formation, Jacques Parizeau se présentait également comme quelqu'un d'«invincible», selon son ex-ministre des Finances, ce qui se traduisait par un effet d'entraînement sur son entourage.«Parce qu'il était invincible, à force de travailler pour lui, toi aussi, tu finissais par te penser invincible, se rappelle M. Campeau. C'est un gars qui entraînait. La défaite, il ne connaissait pas ça. Il partageait les succès ainsi que les insuccès.»Finalement, les passages de M. Parizeau aux HEC, où l'économiste de formation enseignait, ont également contribué à façonner sa légende.En plus d'être en mesure de vulgariser l'économie, l'enseignement aura aidé M. Parizeau à bâtir sa confiance pour son passage en politique, estime M. Campeau.«Autrefois, l'économie, ce n'était pas si important que ça au Québec, se souvient l'ex-ministre des Finances. L'enseignement lui a donné confiance. Les étudiants se souvenaient de ses cours et sa réputation était déjà faite en tant qu'économiste.»