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01/06/2015 20:39 EDT | Actualisé 01/06/2016 01:12 EDT

« Monsieur » Parizeau, un parcours exceptionnel

Jacques Parizeau est reconnu comme l'un des bâtisseurs du Québec moderne. Associé à la Révolution tranquille des années 1960, il devient ensuite l'une des figures de proue du mouvement souverainiste. Que retiendrez-vous de son implication politique?

Un parcours exceptionnel

M. Parizeau, fils de Gérard Parizeau, courtier d'assurance, et de Germaine Biron, est né le 9 août 1930 dans une famille aisée de Montréal.

Il étudie au Collège Stanislas, à l'École des hautes études commerciales (HEC), à l'Institut d'études politiques, à la Faculté de droit à Paris, puis à la London School of Economics, où il obtient un doctorat.

Il est ensuite professeur à HEC Montréal de 1955 à 1976, et directeur de l'Institut d'économie appliquée de cette école de 1973 à 1975.

Il est, durant les années 60, consultant pour plusieurs ministères québécois, puis conseiller économique et financier du premier ministre libéral Jean Lesage. C'est durant cette décennie qu'il participe à des réalisations d'envergure associées à la Révolution tranquille, comme la nationalisation des compagnies d'électricité et la création du régime des rentes et de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Un homme de conviction

En 1969, il adhère officiellement au Parti québécois par conviction. Il explique alors qu'il ne peut y avoir deux gouvernements forts dans le même pays. L'indépendance restera ensuite au centre de son action politique.

Il est président du conseil exécutif du PQ de 1970 à 1973, puis candidat de ce parti défait dans Ahuntsic en 1970 et dans Crémazie en 1973.

Il est finalement élu dans l'Assomption en 1976, puis réélu en 1981. Il est, entre autres, ministre des Finances dans le cabinet Lévesque de novembre 1976 à novembre 1984 et président du Conseil du Trésor de 1976 à 1981. Il quitte ses fonctions en novembre 1984 en répudiant le « beau risque » de René Lévesque, qui est selon lui une tentative de réaménagement des rapports Québec-Canada au sein de la fédération.

Il effectue en 1985 un bref retour à l'enseignement à HEC avant de succéder à Pierre Marc Johnson, en 1988, à la tête du Parti québécois.

Aux élections de 1989, le parti se trouve de nouveau dans l'opposition. La réélection de Robert Bourassa le cantonne au rôle de chef de l'opposition officielle de novembre 1989 à juillet 1994. En 1992, il mène le camp du non à la victoire lors du référendum sur la proposition canadienne, l'accord de Charlottetown.

L'échec des ententes constitutionnelles de Meech et Charlottetown ainsi que la détérioration de l'économie du Québec favorisent son avènement au pouvoir en 1994.

Espoir et déception

Dès son élection, Jacques Parizeau veut donner un nouvel élan au gouvernement. Son objectif principal demeure cependant la réalisation de l'indépendance du Québec. Ainsi, fidèle à son engagement, il tient un référendum le 30 octobre 1995. Cette soirée est marquée par la victoire à l'arraché du non, ainsi que des propos controversés qui feront les manchettes.

Il démissionne ensuite de son poste, après avoir passé un an, quatre mois et deux jours au pouvoir.

Il continue par la suite à faire la promotion de la souveraineté. Il publie notamment Pour un Québec souverain en 1997, Le Québec et la mondialisation : une bouteille à la mer? en 1998 et La souveraineté du Québec hier, aujourd'hui et demain en 2009.