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02/06/2015 17:24 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Les politiciens fédéraux rendent hommage à Jacques Parizeau

OTTAWA - En octobre 1995, Jacques Parizeau a fait frémir les fédéralistes à Ottawa en passant à un cheveu de mener le camp du Oui à une victoire lors du référendum sur la souveraineté.Vingt ans plus tard, les politiciens fédéraux ont salué la détermination et la contribution politique de l'ancien premier ministre du Québec, qui s'est éteint lundi soir.Immanquablement, une expression revenait sur toutes les lèvres: «homme d'État».«Jacques Parizeau était imbu d'un sens de l'État», a résumé mardi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.«C'était un homme d'État qui a passé sa vie à travailler dans le meilleur intérêt de la population», a-t-il poursuivi en mêlée de presse en marge d'un événement.Le chef libéral Justin Trudeau a également rendu hommage à celui que l'on surnommait «Monsieur» en raison de ses allures d'aristocrate et de sa prestance.«Ça a toujours été un intellectuel redoutable, une personne profondément passionnée pour le Québec. Je n'étais pas du tout d'accord avec lui en 1995 et à d'autres moments, mais j'ai toujours eu énormément de respect pour lui», a-t-il fait valoir en point de presse.Le premier ministre Stephen Harper s'est pour sa part contenté d'une brève déclaration sur Twitter.«Au nom de tous les Canadiens, Laureen & moi offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis de l'ancien PM Jacques Parizeau», a-t-il écrit mardi matin.Ses ministres québécois ont aussi opté pour de succincts commentaires sur le réseau social.Alors que Steven Blaney a évoqué la disparition d'un «politicien québécois d'envergure», son collègue Christian Paradis a écrit que M. Parizeau avait «servi le Québec avec passion».Mais il ne faut pas voir en cette apparente réserve un quelconque malaise des conservateurs face à un chef souverainiste, a assuré Maxime Bernier.Et selon lui, le gouvernement Harper a déjà en quelque sorte rendu hommage à Jacques Parizeau en faisant adopter une motion pour reconnaître la nation québécoise à la Chambre des communes en 2006.«Rappelez-vous qu'à l'époque de M. (Robert) Bourassa, on parlait du Québec comme une société distincte», a plaidé celui qui a déjà été l'adjoint de l'un des successeurs de Jacques Parizeau comme premier ministre péquiste, Bernard Landry.«Le Québec étant une nation, c'est quelque chose que les indépendantistes revendiquaient depuis bien longtemps, et le gouvernement du Canada a dit oui à la nation», a poursuivi M. Bernier.En entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, le député libéral Stéphane Dion a quant à lui parlé d'un «adversaire intellectuel fort intéressant».«Il vous tenait toujours sur le qui-vive, il amenait toujours des arguments nouveaux auxquels personne n'avait pensé, et en ce sens-là, il va beaucoup nous manquer», a-t-il exposé.Dans le camp bloquiste, on a parlé d'une «profonde tristesse», d'un «sentiment de vide, de perte, et une immense gratitude» face à ce décès.«Le Bloc québécois perd aujourd'hui un de ses plus grands défenseurs. Nous lui en sommes éternellement reconnaissants», a déclaré le chef Mario Beaulieu par voie de communiqué.La mort de l'ancien chef du Parti québécois (PQ) a été annoncée dans la nuit de lundi à mardi par son épouse.«L'homme de ma vie est parti. Tout en douceur, entouré de plein d'amour», a écrit Lisette Lapointe sur sa page Facebook.«Après un combat titanesque, hospitalisé durant cinq mois, traversant les épreuves, les unes après les autres, avec un courage et une détermination hors du commun, il a dû rendre les armes», a-t-elle poursuivi.Le doyen à la Chambre des communes, le bloquiste Louis Plamondon, s'est dit «convaincu» que M. Parizeau était «affecté» par le fait que son grand rêve d'indépendance demeurait inachevé.«À la fin de sa vie, il espérait toujours, mais il voyait que peut-être qu'il ne pourrait pas voir ça de son vivant», a-t-il relaté.Mais heureusement, ses nombreuses interventions sur l'importance, pour le PQ, de clarifier son message sur l'indépendance semblent avoir porté fruit avec l'élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du parti, estime M. Plamondon.«Le dernier message qu'il a livré a été entendu, puisque l'orientation que vient de se donner le Parti québécois (...) de clairement parler d'indépendance du Québec s'est réalisée dans la course à la chefferie, et c'était son voeu le plus profond», a-t-il suggéré.