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02/06/2015 13:11 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Les investisseurs chinois ne sont pas les bienvenus au Canada, selon une étude

Près de la moitié des 1548 Canadiens ayant répondu à un sondage de la Fondation Asie Pacifique du Canada ne voient pas d'un bon œil les investissements en provenance de la Chine. Les Japonais et les Américains sont, en revanche, bien accueillis.

Un texte de Anne-Diandra Louarn

Les répondants étaient appelés à s'exprimer sur les investissements en provenance des États-Unis ainsi que des quatre principaux acteurs économiques de l'Asie : La Chine, le Japon, l'Inde et la Corée du Sud. « Dans l'ensemble, les Canadiens font preuve d'ouverture au sujet des investissements asiatiques », indiquent les auteurs du sondage.

Une grande majorité des personnes interrogées (78 %) accueillent à bras ouverts les investissements américains et japonais, suivis par la Corée du Sud (67 %). Vient ensuite l'Inde qui séduit à hauteur de 59 %. Cependant, concernant la Chine les opinions sont beaucoup plus mitigées : 42 % des répondants y sont favorables et 49 % y sont farouchement opposés.

Plusieurs facteurs tendent à expliquer cette défiance envers la Chine, selon l'étude de la fondation établie à Vancouver. Les répondants se disent principalement préoccupés par les investissements massifs en Alberta par les entreprises chinoises de l'industrie du pétrole et du gaz. Ils sont 48 % à associer les investissements chinois avec « une perte du contrôle de nos ressources naturelles ». Et 40 % craignent les impacts environnementaux que cette situation peut engendrer.

Les personnes interrogées sont également soucieuses des problèmes de corruption et de sécurité nationale. Cette méfiance s'exprime régulièrement au pays à travers différentes actions, comme récemment en Colombie-Britannique où plus de 18 000 personnes ont signé une pétition en ligne demandant à Victoria de restreindre l'appétit des investisseurs étrangers qui achètent des biens immobiliers à Vancouver.

Évolutions des mentalités

Cependant, selon les chercheurs, « il est probable que les attitudes canadiennes à l'égard des investissements chinois évolueront », même si l'histoire montre qu'il faut faire ses preuves avant de séduire au pays. Ce que le Japon est parvenu à accomplir au cours des dernières décennies. « Le Japon était jadis associé à des produits inférieurs et bas de gamme. La consommation canadienne des produits japonais de haute technologie, de même que les contributions positives du Japon à l'économie canadienne comme la construction d'usines de fabrication d'automobiles à la fine pointe de la technologie, a probablement eu une incidence sur l'image des investisseurs japonais. »

Pour que la perception canadienne à l'égard des investissements chinois évolue favorablement, les pionniers ont un rôle crucial, disent les chercheurs : « les premiers investisseurs chinois au Canada assument une responsabilité et un rôle tout particuliers pour cultiver cette évolution en contribuant à un héritage positif », concluent-ils.