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02/06/2015 13:31 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Les factions libyennes "pas assez fortes pour gagner la guerre" (ONU)

Le médiateur de l'ONU pour la Libye a affirmé mardi, à la veille de nouveaux pourparlers à Alger, qu'il n'y avait "pas de solution militaire" dans ce pays où de nombreuses factions sont "assez fortes pour faire la guerre, mais pas assez pour la gagner".

"Il n'y a pas de solution militaire" en Libye, a martelé Bernardino Leon lors d'un Forum mondial américano-islamique à Doha (Qatar) où il a annoncé qu'une réunion des partis et leaders politiques libyens aurait lieu mercredi.

L'ONU et le ministère algérien des Affaires étrangères ont ensuite indiqué que la réunion se tiendrait à Alger, où deux rencontres rassemblant des responsables libyens ont déjà eu lieu depuis mars.

La participation à cette troisième réunion "sera plus conséquente dans la mesure où de nouvelles personnalités libyennes influentes sur le terrain" seront présentes, a déclaré à l'agence algérienne APS le ministre algérien des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel.

Outre les questions liées à la formation d'un gouvernement d'union nationale, les participants "auront également à se pencher sur l'examen des arrangements sécuritaires ainsi que sur les derniers développements de la situation en Libye", a précisé le ministre.

M. Leon a estimé pour sa part que "75%" des responsables politiques libyens étaient favorables à la paix et que la majorité des groupes "soutiennent maintenant une solution politique".

De nombreuses factions sont "assez fortes pour faire la guerre, mais pas assez pour la gagner" et "je pense que nous allons voir une chance (de paix)", a-t-il dit.

La Libye compte actuellement deux gouvernements --et Parlements-- rivaux, l'un à Tripoli sous la coupe de milices, et l'autre dans l'est du pays, reconnu par la communauté internationale.

L'ONU tente depuis des mois de trouver un compromis pour mettre fin au conflit et favoriser la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait la principale institution du pays.

Le mois dernier, Bernardino Leon avait annoncé que l'ONU allait préparer un quatrième projet d'accord pour résoudre le conflit.

Dimanche, le gouvernement reconnu par la communauté internationale a de nouveau appelé à l'aide face à la progression du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Libye.

"Les menaces de ce groupe ne cessent de peser sur les villes libyennes et il va devenir difficile de les combattre, l'Irak en est l'exemple", a déclaré le Premier ministre Abdallah Al-Theni à Baida (est) où son gouvernement s'est installé.

dh-amb/vl