NOUVELLES
02/06/2015 06:11 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Le Soudan a probablement fourni des armes aux rebelles sud-soudanais (rapport)

Le Soudan a probablement fourni des armes par largage aérien aux rebelles combattant le gouvernement du Soudan du Sud, bien que Khartoum nie toute implication dans le conflit, révèle mardi un rapport d'une ONG basée à Londres.

L'étude de Conflict Armament Research a recueilli des données sur une cache d'armes de la rébellion saisie par l'armée gouvernementale sud-soudanaise en novembre dans l'Etat de Jonglei, dans l'est du pays.

"La composition de l'équipement militaire et le fait que du matériel ait été largué aux forces rebelles sud-soudanaises en 2012, avant le début du conflit actuel, montre que le Soudan a directement fourni des armes aux forces du SPLM-iO" (Sudan People's Liberation Movement-in-Opposition), conclut l'étude.

La manière dont les munitions de fusils ont été endommagées révèle qu'elles ont été larguées depuis un avion et des photographies ont montré des marques de fabrique de vendeurs d'armes soudanais, explique l'équipe de recherche.

"Les munitions de calibre 7,62x39 mm, utilisées pour des kalachnikovs, portaient des signes de dommages latéraux dus à un impact, ce qui corrobore l'hypothèse d'un largage en chute libre depuis un avion ou un parachutage depuis une basse altitude", indique le rapport.

Environ 70% de ces cartouches de fusils ont été produites au Soudan en 2014, affirme-t-il.

"La date de fabrique récente est une preuve supplémentaire de l'approvisionnement direct de Khartoum aux forces du SPLM-iO", estime le groupe d'experts.

Ils ajoutent avoir observé dans ce même dépôt d'armes des matériels similaires à ceux déjà donnés par le Soudan "pour soutenir des groupes armés ou d'insurgés ailleurs en Afrique sub-saharienne, y compris au Darfour et en Centrafrique".

D'autres munitions examinées par l'équipe provenaient de Chine.

Le Soudan du Sud s'est séparé de son voisin du nord en 2011, à la suite d'un traité de paix qui a mis fin à 22 ans de guerre civile, mais les relations entre les deux pays restent depuis tendues.

Khartoum nie toute implication dans la guerre civile qui oppose le président Salva Kiir à son rival et ancien vice-président Riek Machar depuis décembre 2013.

Les combats au Soudan du Sud, qui ont fait des dizaines de milliers de morts, ont empiré ces dernières semaines, et plus de la moitié des 12 millions de Sud-Soudanais ont besoin d'une assistance humanitaire, dont 2,5 millions sont menacés de famine, selon les Nations unies.

Les pays d'Afrique de l'Est ont lancé lundi une nouvelle initiative pour tenter de ramener la paix au Soudan du Sud, alors que toutes les tentatives diplomatiques ont jusqu'à présent échoué et plusieurs cessez-le-feu ont été brisés à peine conclus.

bur/sas/mda/hba/etb/jhd