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02/06/2015 12:02 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Le Québec à l'école avec la France

Mercredi à Laval, l'Équipe senior du Québec se mesurera à la sélection française, classée 9e au monde. La séance d'apprentissage pourrait dépasser le cadre du terrain.

Un texte de Jean-François Chabot

Une entente de collaboration existe déjà depuis huit ans et a permis des échanges enrichissants en ce qui a trait au développement des joueurs, des entraîneurs et des arbitres oeuvrant dans le monde du soccer québécois.

Ces balbutiements ont ouvert la voie à un partage plus complet et plus direct, comme ces matchs organisés entre des sélections élites québécoises et les équipes de France U-17 et U-20.

Cette fois, la marche est haute. Affronter les « Bleues » représente une occasion de jauger le progrès et d'apprécier le chemin qu'il reste à parcourir pour atteindre le plus haut niveau.

Au-delà du match

La rencontre sera aussi l'occasion de découvrir la vision de l'Hexagone où la fédération confie directement aux clubs professionnels le soin d'encadrer et de développer les joueuses.

« L'évolution du foot féminin en France est venue par les clubs, comme l'Olympique de Lyon, le PSG, ou Juvisy, le club où je joue qui a davantage une tradition à caractère historique, a expliqué Gaëtane Thiney, attaquante de l'équipe de France.

« Le point commun de tous ces clubs, c'est la réelle professionnalisation. Les filles profitent d'un encadrement de qualité. On a de la préparation physique, des salles de musculation, on récupère plus facilement. Même si le championnat féminin n'est pas professionnel en soi, ça permet aux filles de se concentrer uniquement sur le sport. »

Amandine Henry, milieu de terrain et membre à part entière de l'Olympique Lyonnais croit en cette formule.

« Ça nous donne à jouer ensemble plus souvent. Depuis deux ans, nous sommes regroupées en équipe nationale à tous les mois et demi à peu près. On a eu beaucoup de matchs de préparation et de qualification pour la Coupe du monde. C'est bien parce que ça amène une bonne cohésion de groupe. »

Le sélectionneur et entraîneur-chef, Philippe Bergerôo, a pris l'équipe française en mains il y a 18 mois. Cet ancien gardien de but de l'équipe nationale masculine faisait aussi partie du groupe d'entraîneurs qui a mené la France à la conquête de la Coupe du monde FIFA en 1998.

« On a beaucoup progressé avec l'implication des clubs. Nous comptons 84 000 licenciées (74 000 au Québec). Nous aimerions en avoir le double. En Allemagne, elles sont plus de 250 000 joueuses. La France ne compte que trois ou quatre clubs féminins professionnels et il en faudrait trois de plus. Un championnat relevé contribue à rehausser le niveau », a indiqué Bergerôo.

En attendant, la France vise un podium pour la Coupe du monde qui s'ouvrira au pays dans moins de deux semaines.

Les Françaises font partie du Groupe F et joueront leurs matchs à Moncton au Nouveau-Brunswick contre la Colombie, le Mexique et l'Angleterre.

C'est justement contre les Anglaises qu'elles amorceront le tournoi, une équipe contre laquelle les Françaises présentent une fiche à vie de 8 victoires et 9 revers.