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02/06/2015 04:03 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

La Turquie depuis l'arrivée au pouvoir de l'AKP

Principales évolutions en Turquie depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur):

--2002--

L'AKP remporte les élections législatives (3 novembre), balayant une classe politique minée par les scandales et une crise financière. C'est la fin d'une ère d'instabilité mais aussi le début de l'inquiétude des milieux laïcs.

--2004--

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan entreprend des réformes démocratiques et brise un tabou en autorisant le kurde à la télévision publique. Il obtient en octobre 2005 l'ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne.

--2007--

Au printemps, l'AKP veut faire élire son candidat à la présidence de la République, suscitant une grave crise. L'armée menace d'intervenir en cas d'atteinte à la laïcité.

En juillet, l'AKP remporte des législatives anticipées et, le 28 août, les députés élisent l'un de ses fondateurs, Abdullah Gül, comme président. Son épouse est voilée --une première-- comme celle de M. Erdogan.

Le gouvernement parvient ensuite à mettre progressivement au pas les militaires, auteurs de trois coups d'Etat depuis 1960. Des centaines d'officiers seront lourdement condamnés par la justice en 2012 et 2013.

--2008--

Pour satisfaire une revendication emblématique de l'islam politique en Turquie, les députés veulent libéraliser le port du voile et amendent la Constitution afin de l'autoriser à l'université (9 février).

Mais la Cour constitutionnelle annule l'amendement le 5 juin et l'AKP échappe de justesse à une procédure d'interdiction pour "activités allant à l'encontre de la laïcité" (30 juillet).

Le voile entre néanmoins à l'université dès 2010, dans la fonction publique et au Parlement (2013) puis les lycées (2014), suscitant la colère des opposants au régime.

--2011--

En juin, l'AKP remporte sa troisième victoire d'affilée aux législatives avec près de 50% des voix. Erdogan entame un nouveau mandat, le dernier selon les règles de son parti.

--2012--

Le 22 juin, un avion de chasse turc est abattu par la défense anti-aérienne syrienne. D'autres incidents suivront, alors qu'Ankara a rompu avec le régime de Damas dès le début de la révolte en mars 2011 et soutient la rébellion et accueille de nombreux réfugiés syriens (quelque deux millions en 2015).

--2013--

Abdullah Öcalan, chef emprisonné des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont la guérilla a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, annonce en mars un cessez-le-feu unilatéral, globalement respecté depuis, dans le cadre de difficiles pourparlers ouverts en 2012 avec le gouvernement.

Le 31 mai, la contestation d'un projet d'aménagement urbain à Istanbul vire en fronde antigouvernementale. Pendant trois semaines, 3,5 millions de Turcs défilent. Le régime reprend la main au prix d'une violente répression (au moins huit morts).

Mi-décembre éclate un scandale de corruption qui éclabousse le sommet de l'Etat. M. Erdogan riposte en déclarant la guerre à ses anciens alliés de la confrérie de l'imam Fethullah Gülen, accusés de complot.

--2014--

Pour juguler le scandale de corruption, le gouvernement se raidit et multiplie les purges anti-Gülen dans la police et la justice, fait voter des lois pour mieux contrôler magistrats et internet et bloque momentanément Twitter et YouTube.

Il renoue aussi spectaculairement avec l'armée qui obtient la révision des grands procès d'officiers. Le scandale finira sur un non-lieu général (17 octobre).

L'AKP remporte les municipales en mars (45%) malgré une contestation persistante, ravivée par la pire catastrophe industrielle du pays dans la mine de Soma le 13 mai (301 morts).

Le 10 août, M. Erdogan est élu président dès le premier tour d'un scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel avec 52% des voix.

--2015--

L'AKP est favori des législatives du 7 juin mais le ralentissement de l'économie pourrait éroder sa domination au Parlement. M. Erdogan, qui souhaite instaurer un régime présidentiel à sa main, a besoin d'au moins 330 députés pour changer la Constitution.

doc-lch/pa/ros