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02/06/2015 13:30 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

La Couronne se pose des questions sur un voyage de Duffy à Vancouver

En décembre 2010, Mike Duffy et son épouse séjournent trois jours à Vancouver. Le sénateur conservateur participe alors un événement public d'un candidat conservateur près de Victoria, mais le couple visite aussi sa fille qui vient d'accoucher. Voyage personnel ou parlementaire? La Couronne et la défense ont deux visions bien différentes.

Un texte de Daniel Thibeault

En décembre 2010, Troy DeSouza était le candidat conservateur confirmé de la circonscription d'Esquimalt-Juan de Fuca en Colombie-Britannique. À l'approche de Noël, il organise une fête communautaire et demande au parti si quelqu'un serait disponible pour venir prononcer un discours.

Quelques jours avant la fête, on lui annonce que le sénateur Mike Duffy participera à l'événement. « Nous étions ravis quand nous avons appris la visite de Mike Duffy » a indiqué Troy DeSouza durant son témoignage fait par téléphone. « À l'exception du premier ministre, il (Mike Duffy) avait le potentiel d'attirer beaucoup de gens à notre événement ».

Selon l'agenda du sénateur Duffy, il a consacré un peu plus de trois heures à cet événement. Mais il a aussi profité du voyage pour visiter sa fille Miranda qui venait d'accoucher. Pour l'ensemble du séjour en Colombie-Britannique, il a réclamé plus de 10 000$ en remboursement au sénat. La couronne estime que la réclamation est injustifiée. Une accusation de fraude et une autre d'abus de confiance sont liées à ce déplacement.

Le sénateur Duffy a plaidé non coupable à 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption.

Mais Donald Bayne, l'avocat du sénateur, voit les choses autrement. « C'était un discours professionnel, a-t-il demandé au témoin, il n'a pas été rémunéré et a du se déplacer ? »

Il a aussi souligné que c'est le parti qui avait servi d'intermédiaire entre l'association locale et le sénateur.

Aider un ami

Plus tôt en journée, William Kittelberg a indiqué à la cour que le sénateur avait tenté de l'aider à trouver du travail auprès de la compagnie Enbridge.

« Je crois que le sénateur Duffy m'a suggéré de communiquer avec Enbridge » a-t-il dit durant son témoignage.

Le sénateur lui a dit qu'il était en contact avec certains dirigeants de l'entreprise. William Kittelberg a eu une rencontre avec trois d'entre eux et a entretenu une série d'échange avec la compagnie durant une période d'environ six mois. Mais ses démarches n'ont jamais porté fruit.

Au même moment, Mike Duffy lui a versé 2000 $ pour des discussions informelles qu'il a qualifiées de travail de consultation. C'est la compagnie de Gerald Donohue qui a payé la facture.

Gerald Donohue et un ami du sénateur Duffy à qui ce dernier a octroyé quelque 65 000$ en contrats. La Couronne estime qu'il s'agit d'un stratagème pour faire payer des dépenses qui auraient pu être jugées injustifiées par l'administration du Sénat.