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02/06/2015 09:39 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

La coalition opposée à l'État islamique déterminée à reprendre Ramadi

La coalition internationale contre le groupe armé État islamique soutient le plan militaire de l'Irak pour reconquérir ses territoires et demande par ailleurs aux Nations Unies de superviser un nouveau processus politique en Syrie. Une réunion de représentants des pays membres de la coalition vient de prendre fin à Paris.

Un texte de Sylvain Desjardins

Officiellement, il n'y a pas de changement dans la stratégie de la coalition internationale, comme le dit le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, hôte de la rencontre : « Ce combat contre Daesh sera de longue haleine mais il est indispensable. »

Dans les faits, la prise récente de la ville de Ramadi en Irak donne des maux de tête à la coalition. Elle permet au groupe armé État islamique de contrôler une vaste zone stratégique et de circuler librement jusqu'en Syrie.

Juste avant le début de cette rencontre, mardi matin, le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a vertement critiqué la coalition. Il dit que sa stratégie ne fonctionne pas. Il constate une augmentation du nombre de combattants étrangers dans les rangs du groupe État islamique et se demande pourquoi autant de terroristes viennent d'Arabie saoudite, du Golfe, d'Egypte, de Turquie et de pays européens. Et il déplore le manque de financement et de fournitures d'armes.

La coalition qui regroupe plusieurs pays arabes ainsi que les États-Unis et le Canada, a mené des milliers de raids aériens depuis septembre dernier. Cela n'empêche pas le groupe armé État islamique d'avancer et de contrôler un très grand territoire des deux côtés de la frontière entre la Syrie et l'Irak.

L'importance de reprendre Ramadi

Le premier ministre irakien a, semble-t-il, réussi à convaincre ses partenaires étrangers de l'aider à reprendre la ville stratégique de Ramadi, si on se fie aux commentaires exprimés par le ministre français Laurent Fabius, en présence du premier ministre irakien et du représentant américain Anthony Blinken à la sortie de la rencontre.

« Le gouvernement Irakien a annoncé un plan pour rassembler les forces tribales, sécuritaires de la province d'Al Anbar, autour de cet objectif de reprendre la ville de Ramadi, et le plan a le soutien de la coalition. »

Le premier ministre irakien disait aussi que la stratégie des frappes aériennes sans déploiement ou sans aide supplémentaire au sol est un échec. Il faudra voir quels seront les engagements supplémentaires de la coalition même si on sait que les pays occidentaux refusent d'engager des troupes dans les combats au sol.

La participation du Canada

À sa sortie, le ministre canadien des Affaires étrangères, Rob Nicholson, disait que les autorités irakiennes étaient ravies. « Le premier ministre al-Abadi m'a personnellement remercié et félicité pour le rôle important que joue le Canada dans cette mission. » Le Canada participe aux frappes aériennes et fournit des soldats des forces spéciales dans un rôle de soutien aux troupes irakiennes dans le nord du pays.

Le ministre canadien soutient que la coalition continue de faire des progrès. Pour le Canada, la mission militaire et humanitaire ne change pas. Le ministre annonce par ailleurs l'octroi d'une somme de 4 millions de dollars supplémentaires pour une variété de projets visant à améliorer la protection de la population de la région contre le groupe terroriste.