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02/06/2015 09:34 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

L'échange de documents entre la Grèce et ses créanciers est "un bon signe" (Commission)

La Commission européenne a salué mardi l'échange, entre la Grèce et ses créanciers, de documents de travail sur les réformes qui doivent être mises en oeuvre par Athènes pour obtenir le déblocage d'un financement à court terme vital pour son économie.

"De nombreux documents ont été envoyés entre les institutions et les autorités grecques. (...) Le fait que des documents soit échangés est déjà un bon signe", a indiqué Annika Breidthardt, la porte-parole de la Commission en charge des Affaires économiques.

Elle a refusé de confirmer la réception d'un plan de réformes soumis par les autorités grecques lundi soir à leurs créanciers.

Pour ce qui est d'un accord, "nous n'y sommes pas encore", a-t-elle souligné.

Mais "il y a clairement une volonté d'obtenir un accord politique cette semaine", a confié une source européenne au fait des discussions. "Nous nous rapprochons de solutions. Il y a une plus grande compréhension des deux côtés", a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé mardi que son gouvernement avait présenté "la nuit dernière un plan complet" aux créanciers du pays, UE, BCE et FMI. Il a qualifié les propositions grecques de "réalistes". Il s'agirait d'un document de 46 pages, selon une source gouvernementale grecque à l'AFP.

Sans donner de détails sur cette nouvelle version de la liste de mesures budgétaires et de réformes présentées par Athènes, M. Tsipras a évoqué "des concessions qui seront difficiles".

Durant la nuit de lundi à mardi, un mini-sommet impromptu a réuni à Berlin les dirigeants des institutions créancières de la Grèce ainsi que François Hollande et Angela Merkel pour évoquer le cas grec. "Il y a une volonté politique forte de ne pas laisser la Grèce exploser", a confié une source européenne.

Ce rendez-vous a laissé supposer qu'une proposition pourrait être faite au gouvernement de gauche radicale pour débloquer les négociations qui durent depuis des mois, sur les conditions de versement de la dernière tranche des prêts qui ont jusque-là été consentis au pays, d'un montant de 7,2 milliards d'euros.

"Nous travaillons pour trouver une issue. C'est pour cette raison que MM. Juncker, Merkel, Hollande, Draghi et Mme Lagarde se sont retrouvés lundi soir à Berlin. Ils ont fait un point sur la situation et vont continuer à rester en contact étroit", a souligné Annika Breidthardt.

"Ils ont convenu qu'il fallait poursuivre le travail de manière intensive", a-t-elle ajouté, soulignant que les discussions se poursuivent également au niveau technique.

La Commission a par ailleurs récusé l'idée de désaccords au sein des créanciers de la Grèce. "Les institutions parlent aux autorités grecques d'une même voix", a souligné Mme Breidthardt.

Le temps presse: le plan d'aide pour la Grèce prend fin le 30 juin, et faute d'accord, le pays, qui ne peut pas se financer sur les marchés, sauf à des taux prohibitifs, ne recevra plus d'assistance financière et risque de se retrouver en faillite.

Au sein de la zone euro, on estime qu'un accord de principe doit être trouvé d'ici le 11 juin, soit une semaine avant la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, prévue le 18 juin à Luxembourg, selon une source au sein de la zone euro.

C'est l'Eurogroupe qui peut décider du déblocage de l'aide financière grecque, en suspens depuis des mois. Cette instance est "prête à se réunir à tout moment", rappelle régulièrement la Commission européenne.

En attendant, une conférence téléphonique de l'Euro Working Group, l'instance qui prépare les Eurogroupes, aura lieu mercredi, suivie d'une réunion physique la semaine prochaine.

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