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02/06/2015 15:43 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

L'Alberta s'apprête à emprunter le terrain miné des redevances pétrolières

CALGARY - Le nouveau gouvernement néo-démocrate albertain se prépare à rouvrir la boîte de Pandore des redevances pétrolières et gazières, et est immergé d'avis contradictoires.Cela fait environ huit ans que la question des redevances n'a pas été sur la table.Evan Chrapko, qui était sur le comité de 2007 qui avait recommandé une hausse des redevances dans son rapport «Our Fair Share», a dit conseiller à la première ministre, Rachel Notley, de «ne pas broncher et de porter un gilet pare-balles».Lors du dépôt du rapport en 2007, les joueurs de l'industrie pétrolière et gazière s'étaient montrés furieux, plusieurs menaçant d'investir ailleurs que dans la province.Déjà, certains acteurs des sables bitumineux ont fait valoir que la résurrection du débat sur les redevances ajoutait une nouvelle couche d'incertitude dans le contexte de la faiblesse des cours du pétrole. Mme Notley a tenté de rassurer les leaders de l'industrie en leur disant qu'ils ne seraient pas exclus du processus et ne seraient pas pris par surprise.M. Chrapko, un entrepreneur dont le père s'était présenté sous la bannière néo-démocrate en Alberta, a dit comprendre que la responsabilité qu'ont les entreprises d'obtenir les meilleurs rendements possibles pour leurs actionnaires, mais a qualifié de «foutaises» les récentes mises en garde de celles-ci.«Elles ne vous diront jamais, jamais, que le moment est bon pour augmenter les redevances. Les prix (du pétrole) pourraient être à 200 $ US le baril et leur rengaine serait encore: 'N'appuyez pas sur les freins. Nous allons quitter la province'», a-t-il fait valoir.Le gouvernement de l'ancien premier ministre, Ed Stelmach, avait accepté en partie les recommandations de «Our Fair Share», mais le compromis avait tout de même suscité la colère de l'industrie.Après que la Grande Récession eut frappé de plein fouet et que les prix du pétrole brut eurent écopé en 2009, le gouvernement a lancé un «examen de la compétitivité» et plusieurs des changements aux redevances ont essentiellement été annulés.M. Chrapko a dit souhaiter que la province examine l'état des redevances gazières et pétrolières chaque année, et que ses conclusions soient rendues publiques.Sam Spanglet, un autre membre du comité «Our Fair Share», a dit croire que pour compenser tout impact négatif d'une augmentation des redevances, Mme Notley devrait mettre son «poids politique» derrière des projets d'oléoducs qui permettraient au brut albertain d'être vendu sur des marchés lucratifs.La première ministre a adopté une approche plus tiède à l'égard des oléoducs que ses prédécesseurs. Elle a expliqué qu'elle soutiendrait certains projets, mais pas d'autres.