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02/06/2015 15:15 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Jean Charest décrit Jacques Parizeau comme un adversaire coriace et crédible

MONTRÉAL - L'ancien premier ministre Jean Charest, qui a affronté Jacques Parizeau lors de la campagne référendaire de 1995, en garde le souvenir d'un adversaire coriace et solide.Au cours d'une entrevue avec La Presse Canadienne, mardi, quelques heures après le décès de l'ancien premier ministre péquiste, M. Charest s'est rappelé de cette époque, l'épisode le plus intense de leur vie politique respective.Lors du référendum sur l'avenir du Québec, en 1995, M. Parizeau «est un adversaire. C'est une équipe de trois de chaque côté. À ce moment-là, il faut savoir que la partie fédéraliste prend très au sérieux monsieur Parizeau. Il est respecté; il est pris au sérieux; il est même craint, parce qu'on le sait très déterminé dans son projet. Il y a Lucien Bouchard aussi; il y a Mario Dumont, qui est un grand talent de la politique. Alors on a vécu durant l'épisode du référendum l'expérience politique la plus intense qu'on ait vécue de nos vies. Ça a été très intense, très serré», s'est souvenu Jean Charest.«L'enjeu était grand: l'avenir d'un pays et la volonté, pour certains, d'en créer un nouveau. On ne vit pas très souvent ce genre de débat. Donc, ça a été une bataille assez épique», a-t-il ajouté.Dès le début de sa carrière comme grand serviteur de l'État, Jacques Parizeau s'est dévoué à la cause à laquelle il croyait: celle de voir les Québécois détenir les rênes de leur économie afin de mieux maîtriser leur avenir.Ainsi, comme haut fonctionnaire, M. Parizeau a été «un acteur important et un des architectes du Québec moderne», conclut M. Charest. Il a fait une «contribution inégalée» à l'économie québécoise avec l'édification de la Caisse de dépôt et placement du Québec, de la Régie des rentes du Québec et de la Société générale de financement, entre autres, rappelle M. Charest.Et lorsqu'il s'est fait élire, M. Parizeau est arrivé avec une solide réputation d'économiste qui le précédait. «En 1976, moi j'étais assez jeune; j'avais 18 ans. Et le souvenir que j'ai, c'est que Jacques Parizeau donne au gouvernement Lévesque sa crédibilité sur les enjeux économiques», se rappelle M. Charest.L'engagement en politique de M. Parizeau a aussi été intense, relève M. Charest. «Il se présente en 1970; il est défait. Il revient en 1973; il est défait. Il revient une troisième fois. Son engagement n'était pas un engagement frivole. C'était un engagement réel, ancré dans ses convictions», en conclut-il.Au plan de la personnalité, M. Charest retient de Jacques Parizeau qu'il était non seulement un «tacticien» intelligent, mais qu'il avait aussi «une qualité rare: la volonté de passer à l'action, de provoquer les événements, de les faire arriver».L'ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien a décrit M. Parizeau comme «un homme qui a marqué sa génération au Québec» et qui a tenu des «rôles importants toute sa vie».M. Chrétien a salué la clarté du discours «séparatiste» de Jacques Parizeau, affirmant qu'avec lui au moins, il savait à quoi s'en tenir. Et, pour cette raison, chacun respectait l'autre, selon Jean Chrétien.Jacques Parizeau «n'aimait pas beaucoup les mots inventés et les questions longues», a lancé M. Chrétien, faisant référence à la question posée lors du référendum et au concept de la souveraineté-association.