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02/06/2015 08:47 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

"Je me noyais vague après vague": un rescapé raconte le naufrage "fulgurant" sur le Yangtsé

Zhang Hui, 43 ans, fait partie des rares rescapés d'un navire de croisière qui a sombré dans le fleuve Yangtsé. Il racontait mardi à la presse chinoise un naufrage fulgurant et sa nuit de cauchemar, balloté par les flots.

Le Dongfangzhixing ("L'Etoile de l'Orient") transportait 458 personnes, dont 406 passagers chinois --une grande majorité de personnes âgées--, et cinq employés de Xiehe, une agence de voyage de Shanghai.

Parmi eux, M. Zhang supervisait un groupe des voyageurs, pour cette croisière qui remontait le Yangtsé depuis Nankin (est de la Chine) jusqu'à à Chongqing (centre).

Peu après 21 heures lundi soir, le vent et la pluie se sont intensifiés autour du bâtiment, tandis que les éclairs zébraient l'obscurité, a-t-il raconté, dans un témoignage reproduit par l'agence officielle Chine nouvelle.

"Les gouttes de pluie martelaient le côté droit du bateau, l'eau commençait déjà à pénétrer dans de nombreuses chambres, et ce alors même que les fenêtres étaient fermées", a-t-il relaté.

A 21H20, nombre de passagers âgés --dont beaucoup étaient déjà assoupis-- ont dû quitter leurs cabines inondées, transportant leurs couvertures trempées vers la salle de réception.

Quelques minutes plus tard, alors que Zhang Hui regagne sa couchette au deuxième étage, le navire "s'incline très fortement, de 45°". Et immédiatement, il commence à chavirer.

Tel que rapporté par Chine nouvelle, le témoignage de M. Zhang ne mentionnait aucun avertissement officiel ou ordre d'évacuation.

Selon la version du capitaine, qui compte lui aussi au nombre des rescapés, le Dongfangzhixing a sombré en moins d'une minute.

"Cela a été fulgurant", se rappelle Zhang. A le croire, lui et un de ses collègues ont juste eu le temps d'enfiler des gilets de sauvetage, et se trouvant à portée d'un hublot, ils sont aussitôt plongés dans les eaux tumultueuses du Yangtsé.

Zhang Hui raconte avoir alors distingué "partout autour de lui une douzaine de personnes à la surface, certaines appelant à l'aide en hurlant". Après cinq minutes, seules trois ou quatre voix se font encore entendre.

Comme la majorité des Chinois, le guide ne sait pas nager. Engoncé dans son gilet de sauvetage, il ne peut que se laisser flotter et il affirme avoir dérivé une bonne partie de la nuit.

"Je me noyais vague après vague, j'ai avalé des tonnes d'eau". Des navires passent sans le remarquer, les bourrasques et les remous le terrifient.

"Je me suis dit, il faut que je tienne", raconte Zhang, qui assure n'avoir pu regagner le rivage qu'aux premières lueurs de l'aube en agrippant des roseaux, vers six heures du matin.

Zhang Hui fait partie de la petite quinzaine de rescapés de la catastrophe, alors que, mardi soir, presque 440 personnes restaient disparues dans ce qui pourrait être la pire catastrophe fluviale en Chine depuis des décennies.

jug/ple