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02/06/2015 11:15 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Jacques Parizeau, un «phare» salué par Bernard Landry et Yves Michaud

MONTRÉAL - L'ancien premier ministre Bernard Landry a salué le dévouement et la détermination de Jacques Parizeau, quelques heures après son décès.En entrevue téléphonique depuis Paris, mardi, M. Landry a relaté avoir vu M. Parizeau une semaine avant sa mort. Et même sur son lit de mort, dit-il, M. Parizeau lui a parlé de politique, pour lui dire qu'«un combat aussi noble que celui de l'indépendance ne pouvait pas être abandonné et que c'était le temps de repartir avec courage et énergie, suivant ce qu'il a toujours fait».Au plan économique, M. Landry décrit Jacques Parizeau, qui détient un doctorat du London School of Economics, comme «un très grand économiste, le plus grand du Québec contemporain».En plus de son rôle d'influence dans la nationalisation de l'hydroélectricité et de la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec, on lui doit notamment l'implantation du Régime d'épargne-actions dans les années 1980, parce qu'il voulait que les Québécois s'intéressent à leur économie et y investissent. Des PME du Québec ont grandi grâce à Jacques Parizeau, ministre des Finances, relate M. Landry.Comme premier ministre, M. Landry retient de M. Parizeau ses convictions inébranlables. «Comme premier ministre, il s'était engagé à faire un référendum sur l'indépendance du Québec et il l'a fait, avec Lucien Bouchard et Mario Dumont», dit-il.MichaudYves Michaud, un ami personnel de Jacques Parizeau depuis les années 1960, affirme que la défaite référendaire de 1995 a été «la grande tristesse de sa vie».En entrevue mardi, quelques heures après que le décès de l'ancien premier ministre eut été annoncé, M. Michaud s'est dit «inconsolable de sa disparition» et «terriblement seul».«Ce que je retiens de lui, c'est une larme, dans le sens qu'il a obtenu 49,55 pour cent des voix au référendum, volé par le gouvernement fédéral. Puis Jacques a démissionné», a-t-il affirmé.Comme indépendantiste de longue date et surtout ami de M. Parizeau, M. Michaud rapporte lui avoir plus tard demandé s'il regrettait d'avoir démissionné au lendemain de la défaite référendaire de 1995. «Un jour, je lui ai dit 'tu aurais dû rester là' et il ne m'a pas répondu; il ne voulait pas parler de ça. Mais probablement qu'il éprouvait un certain regret», a avancé M. Michaud.Étonnamment, ces deux hommes passionnés et entiers parlaient peu de politique et d'économie, bien que M. Michaud ait également oeuvré au Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, le MÉDAC. Ils parlaient de tout, partageaient des repas et s'échangeaient des bouquins. M. Parizeau était aussi «extrêmement cultivé», rapporte M. Michaud.Au plan personnel, M. Michaud décrit aussi un homme avec «un sens de l'humour britannique et caustique».PaquetteDe son côté, Gilbert Paquette, qui a été ministre dans le gouvernement de René Lévesque aux côtés de Jacques Parizeau qui était alors ministre des Finances, salue le véritable «phare», l'inspiration qu'a été M. Parizeau pour les indépendantistes et pour plusieurs générations.En entrevue mardi, M. Paquette a relaté sa démission comme ministre des Sciences et de la Technologie, au milieu des années 1980, à la même époque que celle de Jacques Parizeau, parce que tous les deux étaient opposés au virage du «beau risque» que voulait prendre le premier ministre René Lévesque pour donner une dernière chance au renouvellement du fédéralisme.On a démissionné ensemble; ça crée des liens, a relaté M. Paquette.L'ancien ministre péquiste a relevé la grande capacité intellectuelle de M. Parizeau, de même que ses dons pédagogiques, sa popularité auprès des jeunes et des étudiants. Il savait captiver son auditoire.Comme tous ceux qui ont connu M. Parizeau, M. Paquette souligne sa détermination, ses convictions inébranlables jusqu'à la fin.